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Nulla dies sine linea

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UNE AUTRE ROUE DE FORTUNE





Halifax, la grande ville. Il est toujours étonnant, après un séjour dans les régions campagnardes, de retrouver l'urbain, ses dimensions, ses repères, ses rythmes. Halifax est plus qu'une grande ville, c'est un port, ce qui ajoute quelques sonorités et rêveries. Évidemment, ce tableau doit être réactualisé aux canons de la modernité, mais un port impose toujours sa charge de poésie, même du haut des grands ponts qui relient la ville à Darmouth.



Le temps oscille entre belle pluie et soleil, grise mine et accueil rayonnant. Nous allons nous adapter à ses sautes. Qui dit soleil, dit vélo. La ville se prête à quelques bonnes descentes qu'il faudra bien remonter. L'entraînement préalable fait sentir ses bons effets. J'aime découvrir une ville au gré d'une promenade cycliste, à condition bien sûr de ne pas se trouver dans la situation de l'empêcheur d'écraser en rond. Je fais référence à une grande ville du sud de la France, où l'accent est, paraît-il, chantant, mais où les pneus sont crissants. Le cycliste d'Halifax est bien privilégié. Tellement privilégié et protégé qu'une patrouille de police nous accoste gentiment, nous demande si tout va bien... et nous informe que le port du casque est obligatoire en Nouvelle-Écosse, et qu'une bonne contravention pourrait nous être infligée. Mais, je l'ai bien dit, ils sont sympathiques et repartent en nous souhaitant bonne route. Il n'empêche. Mieux vaut trouver un marchand de matériel ad hoc. Bien que nous soyons un dimanche, c'est bientôt réalisé. Cela valait mieux. Je ne parle pas de la sécurité, qui est un débat plus large, mais simplement des autres patrouilles que nous rencontrons tranquillement.



Halifax propose aussi des lieux de villégiature réputés. Peggy's cove en fait partie. L'ennui, c'est que nous avons été précédés, accompagnés, suivis par une foule que je n'apprécie qu'à moitié. Il est même assez déplaisant de voir ce petit village de pêcheurs envahi par les terriens-martiens qui se répandent sur les belles avancées rocheuses, tournent en rond dans le circuit obligatoire, et prennent les photographies obligées de bateaux qui, je pense, ont oublié de voir le grand large depuis un bail. Mais si les touristes sont contents... je leur cède volontiers la place.



D'ailleurs il est temps de revenir à Halifax, où d'autres impératifs m'appellent. Je ne parle pas de photographies nouvelles (dont l'une m'a inspiré un quatrain positionné dans une autre section de ce blog) mais bien d'impératifs littéraires et de rendez-vous importants. Tout cela sera fait dans le cadre d'un accueil sympathique et efficace de l'Alliance française qu'il faut ici remercier. Je poursuis mes activités et je pourrai bientôt reprendre la route. Sauf que...



Au beau milieu de la circulation, le VW, après d'étranges bruits qui semblent provenir de l'arrière, refuse obstinément d'avancer. Toute tentative est vouée à l'échec. Ici encore, bien que bloquant une route à grande circulation, je n'entends ni klaxons furibards ni imprécations franco-françaises. Bientôt apparaît une voiture de police, qui va se charger de toutes les démarches pour que nous soyons dépannés sans délais.



Une voiture de remorquage apparaît sans tarder, et nous voici partis vers notre nouvelle et inattendue destination: le garage Volkswagen, où nous aurons la possibilité de séjourner sur le terre-plein, en attendant lundi. Mais deux jours à attendre dans un camping-car, ce n'est rien, n'est-ce pas?



La suite, au prochain numéro.







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