Nulla dies sine linea
Comme je le disais, l'avantage de tomber en panne avec un camping-car, c'est de le transformer instantanément en tente métallique non automobile, à condition de pouvoir se planter en terrain ouvert. C'est le cas devant la concession VW, après avoir expliqué cela au dépanneur qui arrange l'affaire.
À ce stade je n'ai pas d'idée particulière sur le diagnostic mécanique. S'agirait-il de la transmission? Et quels seront les conséquences temporelles et financières? Nous en saurons plus en début de semaine. En attendant, commençons à repérer le quartier: ses commerces, ses rues, un hôtel, à tout hasard. Nous visitons même une maison à vendre, car le dimanche est jour de visite spontanée. C'est une autre façon de nous familiariser avec le pays. Et qui sait, un jour, pourquoi pas?...
Le lundi, dès l'ouverture, je passe aux choses sérieuses. Explications et première approche de la panne par le responsable, et - oh surprise!- il est possible de rouler, au moins sur quelques mètres. Trois heures plus tard, nous aurons d'autres détails: la panne provient du mécanisme interne des freins qui s'était bloqué et a repris momentanément une position instable. Un grand coup de chance, à bien y réfléchir, car si ce blocage s'était produit quelques jours plus tôt, dans les longues descentes qui mènent à Halifax, sous la pluie battante de notre arrivée, les conséquences auraient été plus que graves.
Mais, le chef d'atelier a noté d'autres anomalies, entre autres, une fuite au niveau de la pompe à eau qu'il faudra remplacer. Cela prendra... le temps nécessaire pour avoir la pièce. Heureusement le garage est pourvu d'un local d'attente agréable, climatisé. La nouvelle pompe viendra, repartira car ce n'était pas le bon modèle, et d'autres ajustements sont en cours. En particulier, j'ai demandé que l'on vérifie l'éclairage qui avait fait des siennes à Rockland. Deux jours plus tard, tout semble parfait, et nous repartons. Heureusement pas trop loin, car le brouillard tombe... et aucune ampoule ne consent à s'allumer.
Devinez donc quelle sera notre prochaine étape? Le garage VW, bien entendu. Après nouvel examen, le mécano a repéré une fuite au joint du pare-brise, et suffisamment de salissures humides s'étaient déposées sur les raccords électriques pour en perturber le fonctionnement.
Cette fois nous sommes prêts à reprendre la route. Mais, de plus, heureuse découverte, les vitesses passent en douceur, sans nécessiter de fines négociations avec le levier. Un petit réglage offert par le concessionnaire d'Halifax... un petit réglage qui jette une lueur douteuse supplémentaire sur notre vendeur montréalais.
La suite au prochain numéro...