Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Nulla dies sine linea

Publicité

JE VAIS VOUS FAIRE UNE FLEUR



 



Botanistes, à vos herbiers!



Le matin à Lubec est propice à la balade photographique. J'erre sous de vieux bâtiments dont les soubassements sont découverts à marée basse. Un cinéaste cherchant un décor angoissant y trouverait de quoi truffer son film d'effets intéressants. Non loin, ne restent que des tronçons de piliers recouverts de varech. Celui-ci les habille de formes variées à qui le spectateur du film sus-mentionné prêterait sans peine des intentions funestes. Je prends tout tranquillement mes photos, et continue sur la plage.



Un peu plus loin, une allée de planches traverse un marais. Je suis désolé d'avoir oublié le nom des bienfaiteurs qui ont aidé numérairement à l'installer. Mais merci à eux tout de même. Cette façon tranquille de nous proposer des promenades inhabituelles est assez bien représentée aux USA. Il n'y a pas qu'à Deauville que l'on peut fouler les planches. Sans prétendre au grandiose, cette petite traversée qui mène de la plage à l'école offre une leçon de choses non dépourvue de beauté. Celle qui illustre cet article en provient.



Lubec est une petite ville bien attirante. De plus, ses escarpements favorisent mon entraînement cycliste, et certaines côtes, heureusement, ne sont pas bien longues. Enfin, n'exagérons rien. Nous ne sommes pas à San Francisco, et toute pente montante à sa consœur descendante. Elle a aussi des amies éloignées qui attendent notre visite. En route, direction Calais, la ville frontière avec les USA, cette homonymie devant certainement quelque chose à notre Calais national. Mais ici, changement de décor: l'ambiance est plutôt triste, morose même. Et plus ennuyeux, nous ne trouvons pas de diesel. (Car aux USA ainsi qu'au Canada, toutes les pompes n'en distribuent pas). Retour sur nos pas. Une route nous tente. L'endroit est sympathique, ou le semble. Nous nous installons sur un terrain marqué en bon anglais: débarcadère public.



Je remarque cependant le manège passant et repassant d'une puis de deux voitures de police, spectacle bien inhabituel, d'autant qu'elles interpellent plusieurs véhicules, gyrophares et sirènes en fonction dans la nuit tombée. Il suffit d'attendre, et ça ne loupe pas, ils viennent vers nous.



L'un parle, l'autre reste dans sa voiture en surveillance. Il nous explique tranquillement mais fermement que nous ne devons pas rester. Dans ces conditions il y a plusieurs attitudes possibles. La pire serait de jouer au mariole, de faire de l'obstruction. Il me paraît plus astucieux de décliner les raisons de notre présence, tout en faisant remarquer que le panneau bien visible fait état du caractère public du terrain. C'est ici qu'il faut reprendre les bonnes vieilles techniques des questions posées et reposées, comme si l'on était sourd ou stupide. Ça ne loupe pas; ils finissent par lâcher le morceau: c'est bien un endroit public, mais en fait c'est une propriété de la tribu, car nous sommes en territoire "first nation"; et de plus des jeunes gens pourraient venir la nuit bousculer notre voiture...



La discussion étant un peu plus ouverte, reste à réamorcer: "est-il possible de rester, juste pour terminer le repas? Mais où pourrions-nous aller? Puisque vous nous avez dit qu'il y a un risque, nous vous demandons de l'aide". Maintenant, ils commencent certainement à trouver le temps long, et nous indiquent un endroit convenable. Je dis que je tenterai de le trouver, mais... Ils partent vers quelque mission, puis reviennent quelques minutes après: ils vont nous guider. Heureusement, car, dans le brouillard montant, le chemin de la petite crique de Gleason cove n'était pas facile à trouver. J'imagine que nous sommes alors sortis du territoire réservé de Passamaqhoddy.



Que faut-il penser de cela? Ce que l'on veut. Mais moi, j'ai ma petite idée... et il n'est pas sûr qu'elle soit politiquement correcte.



Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article