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Nulla dies sine linea

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UN TEMPS DE CHIENS DE ROCKLAND

Le temps se découvre à son rythme, mais avec une modestie de jeune fille, ce qui ne nous incite guère à quitter la ville. Les trajets de la bibliothèque à notre débarcadère et aux différents magasins occupent l'essentiel des déplacements de notre véhicule, surtout pour recharger quelque peu les batteries. À l'occasion d'une de ces rotations nocturnes, le brouillard plus que tenace impose d'allumer les codes. Mais... rien ne se passe. Essais de fusibles sur le parking, rien n'y fait. Je tente ce que la maréchaussée n'apprécierait pas (et que je n'ai pas apprécié davantage): le retour, seulement éclairé par les feux de détresse. Heureusement que j'ai maintenant le trajet en tête, à défaut de l'avoir clairement devant les yeux. Le lendemain matin, les lumières s'allumeront comme par enchantement. Premier mais non ultime épisode de ce style.



Outre ce petit incident, notre séjour au débarcadère se prolongeant, nous faisons des rencontres amusantes avec les propriétaires de chiens dont c'est la promenade favorite. Il y en a de toutes les tailles et de toutes les races, et je suis toujours surpris de constater la parfaire civilité de ces animaux. En une bonne semaine, je n'ai assisté à aucune bagarre entre animaux cherchant à se montrer dominants.  Même les aboiements sont rares. Tout se passe comme si l'agréable urbanité des habitants du Maine, donnait l'exemple à leurs compagnons canins. Je dois ajouter que cette constatation peut être faite en différents endroits des USA. Chiens français (et maîtres) prenez-en de la graine!

 

Petit à petit nous apprenons à nous connaître, à faire un brin de causette, pendant que les balles projetées à l'aide de la version moderne du propulseur, digne descendant de l'ancêtre néolithique, lancent les toutous à la course. Un souvenir ému pour Gunner, un beau labrador noir, grand amateur de natation, qui fit enrager sa maîtresse près de trois quarts d' heure sur la rive, pendant que monsieur faisait des ronds dans l'eau, feignant de prendre pied, puis repartant tout content pour un petit tour de nage. Nous essayâmes de l'attirer par des signes, des flatteries, des appels réconfortants, puis des tranches de saucisson, et des saucisses, que le brave nageur ignorait superbement. Pendant ce temps la maîtresse se désolait et trépignait, devant se rendre à son travail, menaçant entre ses dents: "Gunner! I'll kill you:" Enfin le beau labrador consentit à venir s'ébrouer avant de monter en voiture, satisfait. Le lendemain, il était consigné, pendant que les trois autres chiens de la maison, étaient autorisés à gambader.

Qu'a-t-il pu faire après notre départ?

La suite...

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