Nulla dies sine linea
… que circuler au Québec change vos habitudes. Imaginez un pays où le klaxon ne sert qu'en dernière obligation, où les conducteurs ne s'engagent pas dans un carrefour s'ils risquent de le bloquer, où l'hésitation à choisir son chemin ne déclenche aucune cacophonie d'avertisseurs excédés, où la possibilité de tourner à droite au feu rouge n'induit aucune poussée d'urticaire chez le conducteur de derrière si vous souhaitez aller tout droit, et où, comble d'impossible français, le système des quatre stops se développe sans contrainte. Le système des quatre stops? Oui, il existe de nombreux carrefours régis par quatre poteaux indicateurs de "stop". Le premier arrivé passe, puis le deuxième, le troisième, le quatrième, et l'on recommence. J'essaye d'imaginer ce que donnerait un tel système en France. J'étais là avant vous... Tu veux mon poing sur la g...? … Descends un peu pour voir, abruti!... La séance se poursuivant sur trois kilomètres de klaxons, de queues de poissons, et autres gestes obscènes. Oui, quatre malheureux poteaux indicateurs à quelques centaines d'euros à échanger contre nos merveilleux "giratoires" à centaines de milliers. Mais comme nous savons que nous devons donner des leçons au reste du monde, et au conducteur d'à côté, continuons.
… que l'on peut trouver inconfortable ou même risqué l'état de nombreuses chaussées dans la belle province (et même au-delà, dans le reste du Canada) et qu'un certain pont de Montréal a terminé sa carrière quelques mètres plus bas, et que... et que... rien n'est parfait en ce monde outre-atlantique. Mais vous savez quoi? La simple idée de retourner conduire en France, de retrouver ces zorros justiciers de la route, ces atrabilaires du volant, ces jamais-contents (du nom de la première voiture électrique française à avoir dépassé le 100 km à l'heure) me pousserait à annuler mon billet de retour. Songeons-y!