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Nulla dies sine linea

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LES TROUBLES DE L'ÂME

Je refais un bout de chemin avec le couple Clyde-Parker, et nous entrons en ville.., Une voiture volée depuis peu. Le V8 ronronne. Main street, le soleil du Texas, je me suis glissé sur le siège arrière, à leur insu. Mes sentiments importent peu, personne ne me voit: c'est le privilège de l'écrivain. Mais j'écoute Clyde:

– Sûr que nous avons peur. Nous ne savons jamais ce que l'heure prochaine nous apportera. Vous pouvez trouver cela drôle, mais nous ne traversons aucune ville, aucun lieu qui pourrait être un piège, sans prier, pour que nous nous en sortions.

 

Alors j'ai furtivement quitté la voiture, et me reviennent en mémoire les paroles de Mme Parker, mère de Clyde:

– Je n'ai rien trouvé de drôle à cela. Chaque être humain qui se désespère se tourne vers Dieu, et peu importe la vie qu'il a menée. Bonnie et Clyde avaient le dos au mur. Ils ne dépendaient de rien d'autre que de leur rapidité, leur courage et leur ruse. Ils étaient épuisés par la lutte. Ils étaient mis au ban de la société et du monde.  Pas une main qui ne les menaçât, et c'était justifié. Il n'avaient aucune aide sur terre vers qui se tourner, alors, ils priaient. Pour moi ce n'était pas drôle. C'était tragique.

J'ai refermé le livre, songeur...


Sur quelques extrait de The true story de Bonnie and Clyde.Signet Book. New York 1968

 

Traduction Pierre-François Ghisoni


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