Nulla dies sine linea
– Sûr que nous avons peur. Nous ne savons jamais ce que l'heure prochaine nous apportera. Vous pouvez trouver cela drôle, mais nous ne traversons aucune ville, aucun lieu qui pourrait être un piège, sans prier, pour que nous nous en sortions.
Alors j'ai furtivement quitté la voiture, et me reviennent en mémoire les paroles de Mme Parker, mère de Clyde:
– Je n'ai rien trouvé de drôle à cela. Chaque être humain qui se désespère se tourne vers Dieu, et peu importe la vie qu'il a menée. Bonnie et Clyde avaient le dos au mur. Ils ne dépendaient de rien d'autre que de leur rapidité, leur courage et leur ruse. Ils étaient épuisés par la lutte. Ils étaient mis au ban de la société et du monde. Pas une main qui ne les menaçât, et c'était justifié. Il n'avaient aucune aide sur terre vers qui se tourner, alors, ils priaient. Pour moi ce n'était pas drôle. C'était tragique.
J'ai refermé le livre, songeur...
Sur quelques extrait de The true story de Bonnie and Clyde.Signet Book. New York 1968
Traduction Pierre-François Ghisoni