Nulla dies sine linea
A quiconque trouverait que, décidément, l'orthographe est une mandarine, je dédierais le titre de cet articulet, et les quelques réflexions suivantes.
L'orthographe est une norme, rien qu'une norme, donc une forme rigoureuse mise en pratique. Est-ce à dire qu'elle renferme la vérité? Certainement pas... comme toute norme d'ailleurs. Alors, à quoi servent ces pressions insupportables, élitistes, dictatoriales, fâââchistes,
destinées à maintenir cette norme en vigueur?
Elle servent à entrer dans le jeu complet du langage, à en apprécier les points d'équilibre et les zones de rupture, à en aborder les limites, et souvent à les franchir, en quête, de nouveaux plaisirs, d'horizons découverts, ou de dangers méconnus.
Alors... n'importe qui?... n'importe quoi?...
Certainement pas. Car, l'écriture se gère comme la conduite: entre le vroum-vroum du gamin qui rêve de "formule 1" et l'entraînement rigoureux du pilote professionnel se place le champ des normes. A travers ce champ seul, se produit la communication réelle des consciences. Il faut avoir appris à virer selon les normes intangibles de la mécanique, pour apprécier la contrôle d'un dérapage. Le reste n'est que vroum-vroum.
Tant d'autres exemples pourraient illustrer cette fonction du champ central de la norme, que je laisserai à chacun le soin de choisir le sien.
Ici se situe la frontière entre l'artisan et l'artiste, qui ne doit pas être confondue avec celle qui sépare l'artisan du bricolo.
Mais au fond, pourquoi Lacan? Pourquoi s'en gausser? Ou s'en gosser?
Pour répondre à son interrogation du langage compris comme structure psychique active, à triple dimension, réelle, symbolique et imaginaire. Comme un jeu de gosse en devenir. Se "gosser..."