Nulla dies sine linea
Les Éditions Phébus font paraître une traduction non expurgée du chef d'œuvre de T.E. Lawrence Les sept piliers de la sagesse. C'est un livre fondamental que je me promets de relire dès que possible, d'autant que j'avais succombé à la facilité des précédentes versions françaises, toutefois sans négliger d'y rajouter le regard de Benoist-Méchin sur ce rêve fracasssé. Je me promets, le temps aidant, d'en tirer quelques réflexions. Mais en attendant, me passe en mémoire un autre de ses livres, moins connu: la Matrice (en anglais the Mint).
L'auteur, revenu, à tous les sens du terme, de son épopée orientale, s'engage dans la RAF. À trente-quatre ans, sous le nom d'emprunt de Ross, il subira l'entraînement du simple soldat, avant d' être obligé par toutes sortes de pressions politiques, de reprendre sa véritable identité et de démissionner. Mais auparavant il aura eu le temps d'écrire ce remarquable opuscule.
Je me contenterai ce jour de n'en tirer qu'une image. Lawrence, comme tout bon Anglais est féru de mécanique. Il prépare, il bichonne, sa moto, et se lance sur les routes pour en savourer tout le plaisir et la vitesses possibles. Au cours d'une de ces randonnées, un avion le survole au même cap. Les deux appareils (et je veux croire les deux pilotes) se livrent alors au bonheur de pousser leurs moteurs et de se rejoindre dans la griserie de l'air qui les fouette. (De cela, je crois que je peux parler en connaissance). Et Lawrence explique que sa moto lui donne quelques chevaux de plus, parce qu'elle l'aime. En une phrase, tout est dit... et plus encore: il la surnommait Boanerge.
Comprenne qui peut, comprenne qui veut.