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Nulla dies sine linea

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LA MER... ENFIN!

 

 

Un lac, si beau soit-il, ne saurait nous retenir au-delà du raisonnable, car la mer attend. Enfin, je l'attends, et plutôt que de me laisser aller à une quelconque spéculation sur sa montée prochaine et cataclysmique, cap au sud-est.

 

Il y a peu de chance que le nom d'Harpswell sonne familièrement à vos oreilles. Les curieux se diviseront en trois catégories: les rapides, avides de géolocalisation par Internet, les classiques, déployeurs de cartes imprimées (prenez vos lunettes), et les flâneurs, qui tenteront de suivre notre route, au risque de nous retrouver, ou de découvrir encore d'autres merveilles. Car Harpswell est une petite merveille, au sens où je l'entends: une indentation rocheuse qui se lance vers l'Atlantique, osant encore un brin de presqu'île, si minime que j'ose à peine emprunter le mot; un dock de pêcheurs de homards, quelques bateaux à l'amarre, et un semis de maisons toutes plus charmantes les unes que les autres, dispersées de telle façon que chacune répond à l'autre sans l'assaillir. On se prend à rêver, on s'imagine sur sa terrasse, laissant au temps le soin d'accompagner notre vie sans heurts, oubliant le tohu-bohu de nos bonnes villes françaises.

 

Rêveur, me direz-vous! Vue superficielle, impression de vacancier, trompe-l'œil! J'admets le questionnement, mais non le jugement, encore plus superficiel. Car il est des signes qui ne trompent pas. L'accueil des riverains en est un, la discussion avec les pêcheurs un autre, et pour qui a quelque peu roulé sa bosse et senti d'autres atmosphères que celle de la campagne française, la différence est notable. Je veux bien admettre qu'une trace de dépaysement embellisse le paysage, mais de là à le falsifier, non! Ce serait avouer une dénaturation totale de mon regard ou de ma pensée. Je n'en suis pas encore là, si je dois y arriver un jour.

 

Les promenades sont enchanteresses, et les rencontres toujours accueillantes. Et comme il s'agit de notre deuxième venue sur ce petit bout de fin du monde (qui heureusement en compte tant d'autres) nous échangeons nos petits souvenirs communs avec les voisins.

 

Le beau ciel se met de la partie pour nous offrir d'autres cadeaux. De l'autre côté du petit golfe, le "Dolfin" nous attend. Nous savourons d'avance sa vue, son ambiance de chantier naval, ses homards, ses muffins aux blueberries (myrtilles) ses tartes de la même cueillette, et nous saurons agrémenter le tout d'un malbec argentin plus que convenable. (Vignerons français, à votre santé!)

 

Et la suite, au prochain numéro...

 

 

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