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27 août 2009 4 27 /08 /août /2009 23:13
Je reviens sur l'horrible terme de "pipolisation" de l'article précédent. Il est devenu nécessaire pour une frange mal peignée de la population de s'inquiéter sans cesse du sort des "pipoles": l'ont-il fait? Ne l'ont-il pas fait? Comment? Avec qui? Dans quelles positions ont-ils... ajusté leurs lorgnons? Brassens nous manque. Ah! Trompettes de la renommée...



Vous prendrez bien un pastiche, sur l'air des fameuses trompettes?



Je vis dans une gare une belle fille publique

Sourire contemplatif, maniérée mécanique

Refusant d'acquitter le prix de son billet

Et offrant aux regards son p'tit déshabillé.



Pépettes, dollars et monnaie,

Z'êtes bien mal empochés.



Une foule de photographes environnait la belle

Clichant à qui mieux mieux jusqu'au porte jar'telle

Poussant leurs appareils à un endroit que j'ose

En toute simplicité nommer son petit prose.



Pépettes, dollars et monnaie,

Z'êtes bien mal empochés.



J'appris en ce beau jour ce qu'est une pipole

Mais en dico d'anglish trouvais le mot peep hole

Que l'on traduit toujours comme le trou du voyeur

Comprenez donc mon trouble et mon p'tit air gouailleur



Pépettes, dollars et monnaie,

Z'êtes bien mal empochés.



Ces pipoles m'font penser à ces fameux pots d'chambre

Que l'on cuidait user les froides nuits de décembre

Ornés dans leur bas fond d'un gros œil qui voit tout

Ça ne manque pas d'air jusque z' au fond des trous.



Pépettes, dollars et monnaie,

Z'êtes bien mal empochés.



Profitez de la vie, vous les fameux pipoles

Faîtes si ça vous plait, pipi dans les rigoles

Débrouillez vous avec vos parties génitales

Sans qu'on vous les emballe dans du papier journal



Pépettes, dollars et monnaie,

Z'êtes bien mal empochés.

Ne voyez pas en moi un vieux père la pudeur

Une sorte de rabat joie, j'étais un peu docteur

J'connais la raie des fesses, et tout c' qui va avec

Mais j'en ai ras le bol qu'on en fasse du bifteck



Pépettes, dollars et monnaie,

Z'êtes bien mal empochés.



Brassens en soit loué, qui m'a servi de guide

Depuis qu'il est parti, ça fait un sacré vide

Et rien qu'en son honneur même si cela vous trouble

Je reprends ma chanson, j'affirme et je redouble



Pépettes, dollars et monnaie,

Z'êtes bien mal empochés.






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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 11:11

Il tombe sous le sens

Que les morts en cercueil

Gardent toutes les chances

D'encore se rincer l'oeil

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9 juillet 2009 4 09 /07 /juillet /2009 16:00

                      

C'est la fin d'un dimanche de pluie tenace.
Les pommiers gris s'épanchent vers la terre qui somnole
Doucement caressée de serpentes rigoles
Où s'étire à l'envie la paresse des limaces.

Le ciel obstiné roule son pesant de nuées.
Si longue est cette houle, sans cesse ressuscitée,
Qu'un champ clos minuscule se pique d'immensité,
Quand sur ses barrières saute cette étrange ruée.

Dans l'ombre d'un vallon, un cheval nous observe.
Il est fort, d'une force blanche, ronde et tranquille,
Sans le moindre tressaillement, tout immobile,
Comme il sied aux lignées qui jamais ne furent serves.

Son pelage est marqué d'une volée de charbon.
N'y voyons point diablerie mais beau cousinage:
Palominos, pies indiens, et mustangs sauvages
Se vantent de leurs nerfs, mais n'ont point cet applomb.

Il offre son profil comme médite un sage.
Il est tant de sujets qui veulent attention:
Une pousse d'herbe tendre, le fil haute tension,
Mais tout cela n'est rien, il est d'autres messages.

Je vous l'ai déjà dit, ce cheval est bien libre:
Ayant offert au vent son galop le plus fier,
Il parcourt notre monde de son allure altière,
Et nul précipice ne menace son équilibre.

Comme il ne bouge point, pas même d'un sabot,
Le monde tient à ses pieds, délaissé par Atlas.
La catastrophe serait qu'il changeât de place.
Mais notre animal se tient bien et se tient beau.

Comme il accueille la pluie, son coeur n'est point sec.
Trop d'humains engoncés, aux figures cartonnées,
Parce que trois gouttes leur tombent sur le nez,
Feraient mieux d'ouvrir les yeux et fermer le bec.

Ce cheval ne craint pas l'éclair et sa flamme.
Ce mystère dépasse notre esprit et le confond.
Tant d'hommes qui se croient fort, n'auront jamais, au fond,
Rapportée au cheval, que petitesse d'âme. 

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6 juillet 2009 1 06 /07 /juillet /2009 14:44
Ce n'est qu'un petit phare
Sur son promontoire,
Qui écorne les voiles de la brume.
A son pied, le chien Spot nous attend
Sous une pierre
Qui marque la fin de sa veille.
Le fanal aveugle la mémoire.
Mais quelle étrange impression persiste
Alors que personne ne survient.
Est-ce l'esprit d'un gardien, d'un marin,
Ou le mien?


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2 juillet 2009 4 02 /07 /juillet /2009 21:05

La mer, tout en bas, apaisée pour la nuit,

Epousait une traînée de lune.

Les étoiles vivaient en leur mystère;

Quelques-unes mouraient peut-être.

Ici, pour un temps, la falaise résistait

Au charme troublant de l'abandon,

Et la petite fiancée du vide

Hésitait au seuil des noces.

Un pin solitaire avait grandi tout près.

Leurs confidences chuchotées au vent

Scellaient depuis longtemps la tendresse

De leur amour nostalgique.

Souvent, le soir, un vieil homme venait rêver.

Son coeur simple sentait venir le temps

Où la sérénité est vertu

Après les tourments passés.

Tirant quelques bouffées de son vieux cigare

Il aimait à deviner au loin

Les lueurs venues du pays natal

Si proche, pourtant si lointain.

Sûrement là-bas, dans l'odeur des jasmins,

La nuit complice nouait des destins

Et les palmiers pourraient raconter...

Mais il ne regrettait rien.

Et, doucement, renversé, les yeux mi-clos,

Demi-dieu entre le ciel et l'eau,

Il arrachait du phare d'Alicante

Des parcelles d'éternité.

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Profil

  • Pierre-François GHISONI
  • la littérature en partage
L'homme avant les termites
L'idéal sans l'idéologie
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