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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 10:25

 

Il y a peu un communiqué élyséen enterrait à la fois Mme Mitterrand et l’orthographe. Mais rendons à Georgius ce qui revient à Lemaire, et aux cuistres leur place près du radiateur.

 

Au début de cette année, le ministre de l’Agriculture, interrogé sur les drames humains que vivent les paysans (un suicide par jour, dont on ne sache pas qu’ils avaient attiré son attention) se rendait aussi odieux que ridicule lors d’un entretien au Grand Journal de Canal plus, à l’occasion du Salon de l’agriculture. Guy Carlier en fit ses choux gras sur Europe 1.

 

Pour l’odieux, les dits suicides ne soulevèrent de sa part que des propos d’une humanité « limitée » : … il était conscient du problème... il allait créer des observatoires... et autres balivernes destinées à noyer le poisson, ou plutôt à jeter de la farine aux yeux.

 

Mais pour le ridicule, soumis à un petit questionnaire assez amusant, il montra une ignorance crasse du terrain, ne reconnaissant pas le glou-glou du dindon, qualifiant une vache Blonde d’Aquitaine de Limousine – bien blanche – et allant jusqu’à ne pas savoir évaluer en mètres carrés la surface d’un hectare.

 

Alors, il crut bon de s’exonérer en affirmant « je ne sais pas... je n’ai jamais été doué en maths »

 

Comme je le disais, rendons hommage à Georgius qui, en 1936 chantait Le Lycée Papillon, et à l’élève Cancrelat répondant à son instituteur :

 

«Comme plus tard j’veux d’venir ministre,

moins je s’rai calé, plus j’aurai de valeur. »



Une discussion de fond nous porterait à juger de l’efficacité d’un ministre sur d’autres critères à moins que... à moins que... nous n'ayons rien compris au film. En réalité, le ministre de l'Agriculture envoyait une pierre dans le jardin de son collègue de l'Éducation nationale trop porté sur le fameux socle commun de connaissances trop communes.

 

Je croa queue je vé meuh lancé en pot lithique.

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29 avril 2011 5 29 /04 /avril /2011 12:08

 

Le jour où l'on nous emm... avec une sombre histoire de foot ball...

 

Pour que les donneurs de leçons ferment leur gu....   (sans espoir ?)

 

Pour leur montrer ce qu'on l'on pense, ce que l'on est

 

Et surtout pour montrer le vrai respect dû aux vrais hommes

 

 

Cinq d'entre les premiers tués en Afghanistan

 

 

Comprenne qui peut, comprenne qui veut !

 

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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 06:57

 

 

Le débat-déballage dans lequel s’enferrent les poissons pourris de la politique est aussi consternant que confus. Rien d’étonnant à cela d’ailleurs, lorsqu’on observe leurs discours antérieurs et les œuvres qui y sont attachées. Il n’y a là-dessous que des sièges qu’ils réchauffent de leurs riches flatulences.

 

Il s’agit donc de penser en dehors du discours des pitres et pantins attachés aux vieilles ficelles.

 

Il faudrait dont débattre de laïcité ? Chacun sait que dans colloques et réunions, seuls comptent le titre qui annonce la couleur, et les conclusions déjà préparées qui font office de dix de der. Entre les deux, le bla-bla des gogos occupe le temps et les pauses-café. Idem pour l’usine à gaz débatogène que l’on nous propose.

 

Il faut poser l’inverse : une nation ne doit pas être laïque. Elle prend vie comme un arbre, des racines aux plus hautes branches, aux ultimes fruits. Elle tient de et par ses ancêtres raciniens, autant que de et par les hauts souffles qui la bercent, et la secouent parfois, et du soleil dont elle dépend finalement. L’arbre nation ne vit et survit que par cet équilibre subtil, encore et toujours mystérieux. Toucher à l’un de ses éléments, c’est le mettre en péril tout entier.

 

C’est là que le citadin bobo ne comprend rien au travail du forestier. L’un reconnaît les maladies où l’autre se perd en discours stériles.

 

On connaît bien les arguments opposés à l’idée de nation religieusement marquée : ils vont de l’utopique paix universelle (les religions seraient la cause des guerres) au panthéisme des « valeurs » (n’énumérons pas, la liste est trop longue et trop confuse).

 

On comprend mal pourquoi le « tous les hommes sont frères » de la religion chrétienne serait plus belliqueux que le même discours d’un autre théiste quelconque, ou d’un adepte de quelque morale bien construite. C’est oublier bien vite que l’on s’adresse à des hommes et non à des statues de marbre, et que d’ailleurs, les conflits les plus pourris se développent justement entre ceux qui se connaissent le mieux : en famille d’abord, puis avec ses amis et ses voisins.

 

Ce serait aussi ne pas savoir (ou ne pas vouloir savoir) que les incidents et accidents n’ont jamais une cause, mais un arbre de causes. Toujours cette recherche et ce sacrifice du bouc émissaire ! On le sacrifie pour repartir à zéro... jusqu’à l’année prochaine. Tout le monde est satisfait... sauf le bouc, qui paye de sa vie la mascarade humaine.

 

Les guerres sont toujours justes. Pour le démontrer il suffit d’appuyer sur le bon bouton, celui qui correspond à l’époque, aux spectateurs, et aux acteurs. Aujourd’hui, ce sont les plus grands prêcheurs de paix laïque qui les déclarent. Posons simplement la question de savoir quel évêque, quel archevêque a lancé les Mirages de notre aviation en Libye ? (Autres exemples à foison pour les « incrédules »).

 

Nous voici, une fois de plus, revenus à la question de l’homme, le vrai, non pas construction artificielle des systèmes idéologiques, mais à celui qui peine au travail, met ses mains dans le cambouis, et éventuellement sa peau en jeu dans des conflits qui le dépassent. Celui-ci en revient toujours à des espoirs suprêmes, et d’autant plus que l’échéance finale approche, dure, provoquée par ces forces nationales prises de fureur. Les guerriers les plus durs, au dernier moment, en appellent à leur mère, à leur pays et à leur Dieu. Ils ont donné leurs travaux, ils ont souffert, ils n’attendent n’attendent ni prébendes, ni hochets, mais simplement que ne soient pas détruits les autels de leurs sacrifices. C’est ainsi qu’une nation survit, lorsque les cohérences existent entre ses défenseurs et son essence.

 

Ainsi il ne faut pas confondre les causes des guerres et les devoirs que la nation doit à ses défenseurs, c’est-à-dire qu’elle se doit à elle-même. Cela signifie-t-il que le chef de cette nation soit en même temps le chef religieux, et que chaque individu soit un fervent pratiquant ? Certainement pas.

Qu’une distanciation existe, cela est normal, attendu, nécessaire, utile. Nous parlons d’hommes et de nations, ne l’oublions pas, non d’administration et d’assujettis.

 

Dans le cas particulier de la France, ses racines, et plus encore son essence sont essentiellement chrétiennes, quels que soient les options personnelles de ses concitoyens, quels que soient les discours de circonstance, ou les délires pré-alzheimer de l’ancien président. Et d’ailleurs nous partageons cela par delà les frontières, de nos humbles chapelles romanes, aux innombrables œuvres picturales ou musicales qui nourrissent notre civilisation.

 

Les grands politiques l’avaient bien compris, qui cherchaient dans l’appui de la religion, le ciment de leurs peuples, et l’essor de leur civilisation. Plus de mille ans ont passé sans que ne soit oubliée la vigoureuse pensée de Clovis. En Russie, ce fut Vladimir « le Soleil rouge ». Dans quel abîme est déjà tombé le vieux Chirac ? Et Sarkozy à sa suite ? Cela n’empêcha pas que furent brisés le vase de Soissons, et la tête de son temporaire possesseur. Un péché mortel ? De quel poids auprès des fruits de l’action ?

 

Entre la laïcité d’un homme, qui est son domaine réservé, et celle d’une nation comme la France, qui est le domaine public, il y a un monde, celui qui sépare la vie possible de la mort certaine.

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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 11:44

 

Nous avons entendu Copé en service minimum cracher son petit venin en affirmant que les candidats du FN aux cantonales ne montraient pas leurs visages sur les panneaux, mais seul, celui de leur présidente. Et il en concluait que c’était « le degré zéro de la démocratie ».

 

Indépendamment de tout maquignonnage politicard, qui ne m’intéresse absolument pas, ce type de sortie trahit le personnage : oui, il s’agit bien du degré zéro de démocratie, mais appliqué à lui-même.

 

En effet, doit-on voter pour une personne ou l’idée qu’elle défend ? Si le seul élément de réponse tient à la taille des panneaux et à la « gueule » du candidat, qu’on ne parle plus jamais de démocratie ! Et Copé encore moins que les autres.

 

L’autre hypothèse ramène aux posters des chambres d’adolescents, ou au « coup de pub ». Triste, le Copé...

 

Dire que Socrate, dont la laideur était remarquable, défendait le monde des idées. Copé l’aurait invité à boire un coup, un dernier...

Mais qui l’histoire retiendra-t-elle ?

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26 février 2011 6 26 /02 /février /2011 15:02

 

 

Le film de Xavier Beauvois a donc reçu un « César », objet compressé de fabrication et d’esthétique douteuses, au cours d’une cérémonie très intéressante. Intéressante ? Mais pourquoi donc, grands dieux et grands hommes ?


Il y a plusieurs façons de regarder ce film. L’une en tient pour l’esthétique, qui, à mon avis, n’est guère convaincante. Mais je veux bien admettre que le tournage se soit fait avec des moyens réduits, que la projection ait été mauvaise, ou que mon goût ne soit pas sûr. Cela, compte tenu de l’histoire, n’a que peu d’importance. La vraie discussion est au-delà, est d’au-delà, et pour tout dire, de cet au-delà, elle redescend vers nous, pantins humains pris entre la métaphysique la plus intransigeante et la physique la plus boueuse, adamique pour en revenir au signifiant du premier homme.

 

Les spectateurs qui auront vu ce film avec l’émotion préparée et le sentimentalisme bisounours ne manqueront pas d’en être captifs, et se lanceront dans une croisade d’embrassades à tout-va. Peut-être n’auraient-ils pas tort, dans un monde idéal, ou du moins, peuplé d’hommes idéaux... de part et d’autre des frontières, dont les plus fermées ne sont pas celles des États, mais bien celles des mentalités et des destins.

 

Les spectateurs bisounours auront certainement été pris par le flux des langages où, derrière les longues tirades ou les expressions imagées, un « joker » ou une incompréhension vient renverser le sens des propos. Par exemple, dès les premières scènes, le long discours de l’imam où des hommes de bonnes fois (le pluriel est de rigueur) devraient pouvoir s’accorder... si la dernière phrase dédiée au combat contre les infidèles ne venait s’inscrire en contrepoint.

 

Autre moment où les bisounours seraient roulés dans la farine, celui où les deux vieux habitants du village, la vieille femme en particulier, évoquent l’image de l’oiseau sur la branche, et affirment que les pères « sont la branche ». Cette image et cette expression de l’oiseau sur la branche font partie de la décision de rester prise par les pères, ainsi « branchés » de leur pleine volonté. Mais que se serait-il passé s’ils avaient décortiqué le sens de cette image du point de vue des oiseaux, qui ne vivent que de passer de branche en branche, et qui ne tiennent qu’à leur nid et à leurs petits ?

 

Il est un autre moment du film qui évoque la complexité de la situation, lorsque le commissaire avertit le prieur qu’ils ne seront qu’otages et faire-valoirs de forces qui les dépassent. Comment négliger cet avertissement ? Mais l’histoire en dira plus long, un jour, peut-être.

 

Par ailleurs, n’ayant pas les connaissances théologiques nécessaires, je me garderai bien d’entrer dans un débat qui me dépasse, mais dont je comprends bien les termes et les enjeux : à savoir si « ces moines célèbrent une liturgie à laquelle je dénie l'opérativité et la capacité à faire descendre sur l'autel la Présence Réelle. Depuis 1969, leur eucharistie se veut une simple allégorie sans dimension sacrificielle » comme me l’affirme un de mes correspondants, et ami.

 

Il y aurait encore bien des choses dire sur la richesse de ce film, à condition de le voir, les yeux et l’esprit largement ouverts et spécifiquement préparés.

 

Je reviens donc à cette cérémonie où un « César » fut rendu à son César-metteur en scène, qui en profita, outre les remerciements obligés, pour affirmer : « Je n'ai pas envie que dans la campagne électorale qui arrive, on dise du mal des Français musulmans, j'ai envie qu'on soit avec eux, c'est la leçon de ce film », rejoignant, sous couvert de la haine de la haine envers les Musulmans, la cohorte des globalistes impénitents, sans se priver au passage de jeter son petit crachat sur Zemour et Hortefeux. Ah! Ces amoureux de l’amour universel qui ne peuvent s’empêcher de se dénoncer eux-mêmes par leur propre haine.

 

Et moi, qui, à la projection de ce film, pensait naïvement que son réalisateur avait été touché, sinon par la grâce, du moins par une once de bon sens ! Moi qui, effectivement trouve absurde, stupide, et mal humain de jeter un regard torve sur un homme sous prétexte de ses origines, jusqu’à le connaître davantage ! Mais moi qui trouve encore plus absurde de se jeter dans ses bras, sans le connaître davantage, sous les mêmes prétextes d’origine et de non-connaissance ! Je me demande si Xavier Beauvois a vraiment vu son film, ou si celui-ci lui a échappé à un moment de la réalisation.

 

En tout cas, une scène lui a échappé, une très belle scène où les frères, partageant leur repas, imposent la référence à la Cène christique. Référence incomplète ? Oui, me dira-t-on, car Judas n’y était pas. Mais non, il y était... derrière la caméra.

 

 







 





 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 17:25

 

 

 

J'écrivais il y peu, qu'entre Murakami et Lascaux, mon choix était fait depuis longtemps, et que j'y aurais volontiers accompagné le Président Sarkozy.

 

Un article de la Nouvelle République du 14 septembre publié sous rubirique Candide, en quelque sorte écho de la grotte, est arrivé à ma connaissance. En substance, il me précise à quoi j'ai échappé.

 

Peut-être à l'accompagnement du fils Aurélien et d'un de ses copains. Sait-on jamais ? Mais plus certainement à une bonne partie de rigolade, au minimum à un sourire apitoyé. Car notre bon Président n'en loupe pas une. Voulant témoigner de son implication artistique il saluait la performance picturale de "ce brave Néandertalien". Puis, quelques instants après, il faisait référence "au climat plus tempéré" de l'époque.

 

J'imagine les toussotements des cicerones de bonne compagnie.

 

Pour faire simple, le Néandertalien, comme son nom l'indique, fait référence à la ville allemande de Neandertal, alors que le Cro-Magnon, lui, tire son nom de l'abri éponyme situé non loin de là. Et comble d'impolitesse, il avait osé décorer ses parois quelque 20 000 ans après la période du Néandertalien.

 

Quant au climat tempéré, peut-être le Président n'a-t-il pas repéré le dessin du fameux rhinocéros laineux ( un frileux, sans doute) et aurait-il voulu priver nos ancêtres des rennes dont ils tiraient une partie de leur subsistance. Un climat plus tempéré, disait-il... Faisait-il référence au climat social ?

 

Les spécialistes apporteront des précisions. Il me suffit de sourire. Quoi qu'il en soit, personne ne m'avait invité, et tant mieux.

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6 juin 2010 7 06 /06 /juin /2010 21:34

 

 

Ce samedi après-midi 5 juin 2010, Bernard Stiegler a fait une conférence à Épineuil-le-Fleuriel sur le thème de l'attention. Jeu de mots mis à part, le sujet méritait que l'attention y fût portée. Et parlant du sujet, c'est associer le philosophe et le thème.

 

Il s'y autorise lui-même, précisant que les philosophes sont des "bagarreurs", émaillant son entretien d'exemples issus de l'histoire de la philosophie, et montrant combien la fonction de philosophe était indissociable d'autres, comme celles de médecins, d'astrologues, de physiciens, et non des moindres, opposants aux systèmes en place. Copernic, Newton furent de la fête, mais également Thalès et Socrate pour qui Bernard Stiegler montre une affection non dissimulée... et pour Jésus aussi.

 

L'homme, donc, pousse à la réflexion au cours d'une approche qui saute gaillardement d'un siècle à l'autre, d'une pensée générale à une semi-confidence. Ainsi lorsqu'il fustige l'emprise de la télévision sur les jeunes cerveaux, il rejoint immédiatement Socrate, condamné à la cigüe par les sophistes, manipulateurs de cerveaux immatures : ironie du sort, ou magnifique manipulation mentale de ceux qui accusèrent leur célèbre accusé d'avoir justement "perverti la jeunesse". Ah! Ces Grecs, leurs sous-entendus et leurs cadeaux...! Ce qui ne l'empêche pas de revenir aux statistiques du temps passé par les enfants américains devant leur télévision, de poser la différence entre les cerveaux ainsi placés en "dysconnexion permanente" (ce terme m'est personnel) et ceux de leur professeur concluant au "gap neuronal" (je me permets une autre de mes expressions) entre eux et lui, et au célèbre trouble associant le déficit de l'attention et l'hyperactivité.

 

Tout cela passe par la mémoire bien comprise, non pas comme un empilement de réponses automatiques pour être sacré champion à un célèbre jeu télévisé (encore la télé!) mais comme un positionnement structuré de l'intelligence des intelligences pour reprendre l'exposé de Bernard Stiegler, qui ne néglige pas les classiques approches du chasseur, de l'agriculteur et du concepteur. Ainsi, retour à Milet (non pour l'angélus) mais pour un certain Thalès, cher à nos souvenirs de géométrie, et plus cher encore à notre vie sociale si nous comprenons que l'important n'est pas de réciter sans comprendre, mais de retrouver, ou de savoir que l'on pourrait en retrouver la démonstration, et qu'un soin commun des connaissances, voulu par Jules Ferry, est le ciment fondamental d'une société... si elle ne veut pas se laisser aller à l'abîme.

 

Comme le cardiologue intègre la charge du travail cardiaque entre pré-charge et post-charge, Bernard Stiegler insère l'attention entre dé-tension et pro-tension, avec tous les sens permis par le jeu orthographique des consonnes et des préfixes. Cette attention donc, prise entre la mémoire partagée et la satisfaction impulsive des besoins, entre la conscience flottante et la barbarie, nécessite un mobilisateur fort et des réseaux amateurs. Ainsi le Jules Ferry de 1882, par son école obligatoire rejoint les préoccupations restructurantes de mémoire et d'attention sociale que Bernard Stiegler, stimule dans son parcours universitaire, autant que dans son intention de créer un pôle philosophique et numérique à Épineuil- le-Fleuriel.

 

Le temps passait, à son rythme, nous sautions les siècles, un thème enrichissant l'autre, récoltant les idées, comme celle de la vitesse, corollaire nécessaire de l'enseignement, vitesse qui nous oblige à résumer le passé, ou plus exactement à le compresser sans le dénaturer, récoltant une envie de poursuivre à la recherche des logiciels à "faire du Zola au kilomètre" et oui, cela existe, comme la musique, et aussi comme les pseudo-entretiens érotiques ou une autre, comme la nécessité de compiler Husserl sur informatique pour en tirer la substantifique moelle, bref des fiches pour l'histoire, à condition de ne pas en refaire une histoire des fiches.

 

Ce genre de conférence heurte volontiers les adeptes des cours montés comme une architecture classique. Peut-on dire que l'on voit à l'œuvre une intelligence en réseau, déjà un modèle des audaces que Bernard Stiegler souhaite, avec le consumérisme dévoyé en ligne de mire ?

 

En tout cas, le choix de l'implantation n'est pas dénué de sens, pris entre la mémoire du grand Meaulnes et la première publication numérique de Lettropolis... conforté par le petit buffet qui suivit, fort sympathique et prometteur.

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15 avril 2010 4 15 /04 /avril /2010 08:53

 

Je découvre une information véhiculée par Grand Lille TV, selon laquelle le parti socialiste veut que la langue arabe soit enseignée au collège, en tant que première langue, au même titre que l'anglais, l'espagnol, l'allemand.

 

Suit l'entretien d'un professeur Denis Legros de Paris VIII, qui nous affirme textuellement : "La géopolitique et aussi la prospective politique montrent que la langue arabe est devenue une langue incontournable dans le contexte de la mondialisation et que si l'on ne prend pas en compte le contexte linguistique, le contexte culturel des locuteurs, des individus qui vivent en France en particulier, si on ne tient pas compte de leur culture, si on ne tient pas compte de leur vie, c'est non seulement une perte, mais c'est aussi un manque dont on aura du mal à se remettre."

 

J'avoue ne pas comprendre pourquoi ce personnage ne fait pas cette déclaration directement en arabe. Alors, il suffirait de remplacer le qualificatif "arabe" par celui de "français" pour que le brûlot politique auquel il participe (idiot utile ou utilité idiote? pour enrichir une citation historique) se transforme en une position logique, claire, et nécessaire.

 

Car la seule partie réelle de sa déclaration tient dans ce que sa première ligne dévoile incomplètement : "la géopolitique et la prospective politique...". Tout le reste n'est que fatras destiné à endormir les bobos et les gogos.

 

Oui, la géopolitique et le prospective politique sont en première ligne... de combat. Elles affirment que la France, par sa culture, ne peut se développer, voire survivre, que si une langue unique la fortifie. Rares, d'ailleurs sont les pays, qui, comme la Suisse, échappent sans dommage à cette donnée.

 

C'est pourquoi cet homme, en sa longue phrase, insulte tous les Français qui font l'effort de soutenir le sens profond de leur langue, dans toutes ses beautés, ses acceptions, ses limites, ses découvertes, ses enrichissements, ses verdeurs et ses indignations qui me permettent de lancer un vigoureux "parlons français, bordel !" et qui sont nécessaires à la survie de ce pays... s'il le veut.

 

Il les insulte aussi en les taxant a priori d'incompétence à comprendre celui qui parle une autre langue. Je ne sais ce qu'il découvre de lui à cette occasion, mais il devrait réfléchir à ce que toute personne de toute origine en revient toujours au fonds commun de sa langue maternelle pour exprimer ce qu'elle a compris et retiré d'une autre. Apprendre la culture d'un autre, ne passe pas par la connaissance superficielle de sa langue. Apprendre la culture d'un étranger nécessite la traduction aussi complète et réelle que possible qu'un spécialiste de notre langue peut nous l'apporter. Je n'ai nul besoin de parler inuit, de saisir leurs vocalises gutturales, pour tenter d'approcher l'idée de la crainte du grand ours blanc, pour imaginer le travail nécessaire à la confection de leurs outils traditionnels. Le livre bien français de Paul-Émile Victor m'offre bien plus et bien mieux que tout baragouinage entre un Inuit et moi.

 

Comprendre la culture arabe (inuit, allemande, etc.) c'est d'abord enrichir ses propres langue et culture. À observer notre monde, à l'écouter, à en recevoir des textes, (je sais de quoi je parle) je me sens armé pour proposer que nous fassions d'abord revenir le français et sa culture à un niveau acceptable dans toutes les classes de populations, avant d'approcher un niveau de qualité. C'est un effort nécessaire. Ben oui, oui mais ben bon, y'a pas photo, à l'insu de mon plein gré... NTM !

 

Que la langue arabe soit riche, c'est incontestable. Que de grands poètes l'aient illustrée, oui. Que la culture arabe mérite d'être connue, oui. Que je veuille établir un pont de connaissance avec un interlocuteur arabe, oui. Mais ce dernier point sera toujours d'autant plus fort et riche que nous serons l'un et l'autre forts et riches en nos langues maternelles, et que, si nous voulons vivre ensemble, nous devrons parler la langue de cet état. Ce n'est pas suffisant, mais c'est indispensable. Les éléments constitutifs de la paix, de justice et de survie en dépendent.

 

Le reste n'est que tromperie, argumentation faisandée, ou erreur d'interprétation nécessitant d'autres investigations psychologiques.

 

 

 

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13 avril 2010 2 13 /04 /avril /2010 08:37

 

À peine, de son berceau de brume, émerge l'aurore aux doigts de rose, que de la mer vineuse me parvient l'écho d'un clapotis... Homère se rappelle à moi. Homère? Je rêve... La radio, simplement, la douce voix d'un président. Je me disais aussi...

 

Mais puisqu'il en remet une couche, façon maritime, je m'autorise la mienne, façon mutine, et moins superficielle qu'on le croirait. V'là que le clapotis du Nicolas succède aux clappements du père Giscard. Tout ça pour une histoire de chaude lapinerie dans les clapiers. Faut-il pleurer, faut-il en rire? aurait rechanté le Ferrat qui n'était pas du lac? J'en prends le dernier parti, et qui n'aime pas ne suive pas!

 

Belle trouvaille que ce clapotis gentillet. On aurait presque l'impression d'être en vacances, de profiter d'un petit rosé frais au bord de la grande bleue. Mais la mer est bien loin du marigot dont la surface se ride aussi, au passage des crocos.

 

Il nous manque un Guy Breton, fort de ses dix tomes d'Histoires d'Amour de l'Histoire de France, pour remettre dans leur contexte les à-côtés qui sont parfois les bas côtés de l'histoire de la cinquième république. Car ce n'est pas la réalité qui compte, mais bien l'interprétation sulfureuse d'une suggestion. Ainsi, acteurs, spectateurs, metteurs en scène, s'échangent le trouble, le troublé, le troublant d'une pièce qui s'effiloche entre trois coups inaudibles et un salut de marionnettes. Serait-ce la fin d'une démocratie médiatisée, ou sa définition?

 

Car je ne doute pas qu'il y ait, sinon complot, du moins, utilisation méprisable, ou mépris utilisable. Ce qui est curieux, c'est l'oubli total ou la méconnaissance des équivalents antérieurs. Il fut un temps où je m'étonnais que les poissons mordent toujours aux mêmes appâts. Je ne m'en étonne plus, les hommes m'ayant appris qu'ils s'aveuglent toujours aux mêmes appas.

 

Faites cette petite expérience : demandez autour de vous quelle circonstance a amené Georges Pompidou, alors premier ministre, à se positionner en "déboulonneur" de la statue de son président. Les plus sérieux vous parleront de mai 68 et de la vacance du pouvoir. Les plus réalistes évoqueront l'affairee Markovic, où Madame Pompidou, ignoblement injuriée par des rumeurs équivalentes, ne reçut aucun soutien du président. Georges Pompidou en conçut un dépit mortel et prit le chemin que l'on sait.

 

Dans un autre registre, lorsqu'on voulut éloigner des électeurs de Jean-Marie le Pen, alors en progression dans les sondages, on lança à grands renforts de manchettes, des images et des histoires osées sur sa femme d'alors. Information pure, bien sûr...

 

En fait, l'histoire, selon la formule, ne se répète pas, mais elle repasse les plats... et elle les épice, parfois jusqu'à nous faire tousser, ou rire.

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10 avril 2010 6 10 /04 /avril /2010 06:37

 

"Je partage pas mal de vos idées mais pas cette fois-ci. Disons, pas complètement.

Ne lisant pas de quotidien, ne regardant pas la télévision, je ne suis pas au courant de ce qui agite cette petite province européenne qu'on appelle la France ; le Président aurait-il eu des bontés pour la belle Rachida ? ... Ni le coup du scooter ni celui de la villa de Clavier, ni la jeune et capable candidature du fiston chevelu ne m'ont empêché de dormir : Chirac a dû faire autant d'entourloupes sinon pire (Tibéri, Juppé) mais, lui, savait verrouiller la presse. Quant à Mitterrand, glissons, jetons un voile pudique sur Grossouvre, Bérégovoy, et sa fille de la main
gauche.

Cette haine de Sarkozy, je la trouve fatigante, pire que ça : un peu bébête. Qui nous informe de toutes ces turpitudes ? Des "journalistes" à l'affût des scoops, des paparazzis de l'écriture ; bientôt on ne dira plus menteur comme un arracheur de dents mais menteur comme un journaliste. Me tromp'je ?"

J'ai repris ici les lignes publiables d'un commentaire arrivé sur mon blog. Sans en dénaturer le sens, j'ai supprimé les expressions qui n'apportaient rien, sinon donner des armes légales à quelque personne mal embouchée ou à la vindicte excessive. Mais le fond demeure intéressant à plus d'un titre.

Voici ma réponse :

Il ne faut ni renoncer à dormir, ni à réfléchir. Personnellement les relations sentimentalo-fessières vraies ou supposées des uns et des autres me laissent froid. Et il est bien certain que des manœuvres souterraines peuvent en être l'origine, car la petitesse de l'homme n'épargne pas plus les hautes fonctions que le bon peuple. Cela devient donc un merveilleux champ de communication pour des professionnels avisés. Ce n'est pas mon cas. Désolé ! Mais je ne suis pas le chevalier blanc de la morale sanctifiée.

Par contre, je réfléchis au sens profond des paroles du président sur ce sadisme d'examinateur osant questionner sur La Princesse de Clèves. Que monsieur Sarkozy, en privé, affirme ne pas aimer ce livre, ne me gênerait aucunement. Et si, en plus, il nous gratifiait d'une bonne dissertation pour défendre sa position, voilà qui me ferait plaisir à lire. Mais s'il laisse paraître ces paroles en tant que président, alors il déchoît. Pire que cela, il désavoue cet examinateur, l'ENA où cela se passait, et l'ensemble du système des examens en France. Il devient responsable d'une des grandes dérives de l'éducation nationale.

Car, comment se positionnera un professeur interrogeant un éléve sur Molière, Corneille, Racine etc. lorsque celui-ci lui reprochera d'être sadique, et se protègera derrière les paroles du président? C'est toute la classe enseignante, toute la classe littéraire française qui aurait dû se lever et demander le désaveu public de ces paroles. Mais "le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie". Désolé d'avoir le sadisme de citer Pascal. Et si cela gêne quelqu'un des hautes sphères ou d'ailleurs, je lui renverrai une citation fréquente du précédent président.

Et sur mon interprétation du livre je n'ai pas une virgule à changer, car je maintiens qu'il peut être lu avec l'esprit d'une midinette, mais qu'il est aussi un merveilleux outil de décryptage des us et coutumes d'une cour, là où la diplomatie interne retrouve celle des affaires étrangères. Est-ce moi qui ai inventé cette histoire de complot international? Non! Alors?

Quant aux avantages liés à la parenté proche, il faut aussi y réfléchir tranquillement. S'ils sont inéluctables de tous temps, dans tous les régimes, de toutes les personnes, il faut savoir séparer les turpitudes des excès, et même des nécessités. Que l'on mette en branle la police scientifique pour retrouver un scooter ne me gêne pas si cela ne perturbe pas d'autres enquêtes plus importantes, et si je peux moi aussi en bénéficier. J'irai même plus loin : si cela a permis de porter l'attention et de viser des pratiques de voyou, tant mieux! Et pour le copinage à visée professionnelle, que celui qui n'a jamais péché... Mais la question de l'exemple, et de ses retombées... C'est là que se pose le vrai problème.

Arrivons à l'évocation plus générale des sentiments outranciers, d'autant plus qu'elle semble me viser personnellement, et que la laisser passer pourrait paraître une affirmation détournée. Non Monsieur, je ne hais point cette personne (et Corneille n'a rien à voir ici.. encore désolé de mon sadisme littéraire). La haine se mérite, se cultive, et elle prend toute sa valeur quand elle est motivée et partagée. Elle touche alors au mystère de l'âme humaine. À ce titre je n'éprouve aucun sentiment de haine pour ce président. Que je vote ou non pour lui ne changera rien à mes lignes précédentes. Car une phrase telle que celle dont j'attends le désaveu ferait déchoir tout président en exercice. À l'inverse, son désaveu le grandirait. Il s'agit ici de logique de la responsabité d'un chef d'État, et qui dit logique exclut tout sentiment de haine. Est-ce assez clair?

Et les journalistes... il en est de merveilleux, de courageux, de lucides, de réellement informants, bousculés par un troupeau de bêlants, de publicitaires institutionnels, de perroquets couinants. Mais cela est un autre débat. Sachons choisir et respecter ceux du premier groupe.



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  • Pierre-François GHISONI
  • la littérature en partage
L'homme avant les termites
L'idéal sans l'idéologie
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