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6 septembre 2011 2 06 /09 /septembre /2011 20:53

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Dryden est une petite ville située au bord de la rivière Wabigoon, en Ontario. Fin dix-neuvième siècle, début vingtième – donc il y a peu au regard de l’Histoire – un certain Alexander Skene vint explorer ces lieux, sur l’incitation du ministre de l’agriculture de l’époque, John Dryden. Il y installa un moulin à vapeur, premier développement industriel de la ville, puis s’attacha à promouvoir les possibilités agraires de la région, au point de s’y installer en famille, et de vendre son moulin pour devenir fermier.


Avec différents propriétaires, le moulin a subi bien des transformations tant dans son développement que dans sa spécificité : la pâte à papier. Mais qui dit papier explore un monde souvent méconnu. Par exemple, pendant les années de guerre, la production se diversifia vers les « bleus » ( papier pour les plans nécessaires aux constructions des nouveaux bombardiers et chasseurs) et les enveloppes de cartouches. Ceci n’est qu’un exemple de la nécessaire actualisation des entreprises.

 

Cependant, l’industrie du papier connaît une baisse dont les raisons sont multiples. Parmi celles-ci, le fait que les lecteurs de cet article n’auront pas besoin de l’imprimer. Après une nouvelles transformation, les machines ne produisent plus maintenant que de la pulpe de bois.

 

Toutes les certifications ont été obtenues concernant les critères de l’Association pour les standards canadiens.

 

Mais, une fois passé ce préambule sur l’industrie de cette ville, il est plus agréable d’y faire un grand et tranquille tour en vélo. De longues avenues calmes, de classiques maisons aux formes d’autant plus élaborées qu’on se rapproche des bords du lac. Et... en pleine ville, Bambi et sa maman, et même ses cousins et cousines. Les chiens tenus en laissent se laisseraient bien aller à quelques courses, mais on les retient.

 

Nous sommes bien loin des parcs nationaux, mais tellement plus dans la réalité.

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2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 17:40

 

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Il y a trois formes de nature au Canada : la première s’ouvre au visiteur libre qui souhaite s’y investir dans un espace suffisamment ouvert pour retrouver une apparence de liberté, se déplacer ou stationner sans demander d’autorisation à quiconque, exercer ses aptitudes entre l’exploit sportif pour ceux qui le peuvent, ou la méditation tranquille pour ceux qui le souhaitent, l’un n’excluant pas l’autre. Cette nature-là, malgré l’immensité du territoire, se trouve essentiellement dans l’Ouest et au Nord.

 

La deuxième forme est la nature confisquée. L’exemple le plus marquant en est fourni par la majorité de ces lacs non privés, où l’accès au rivage est bloqué par les terrains privés, où pas un débarcadère n’est offert au public. Je renvoie à mes articles précédents concernant cette particularité.

 

La troisième forme relève de la mise en coupe réglée et de l’intoxication intellectuelle : c’est celle des parcs, les nationaux représentant le dessus du panier, le groupe de Jasper, Banft et autres lieux adjacents en étant l’archétype.

 

Il faut bien dire que cette manne qu’est le tourisme n’a pas échappé aux crocodiles d’Ottawa. Ils sont d’ailleurs héritiers d’une longue tradition d’exploitation de la nature dont l’essence remonte aux grandes années de la Compagnie de la Baie d’Hudson. Mais en lieu et place de fourrures, ce sont maintenant les lieux les plus spectaculaires qui sont capturés et revendus aux visiteurs, qui, formatage cérébral aidant, en demandent et en redemandent.

 

Par un mélange insidieux de « sauvetage de planète », de mise en condition de culpabilité, de matraquage d’informations « écologiques », de distribution de petites brochures « vertes » bien proches d’un célèbre « petit livre rouge », on en arrive à parquer les visiteurs dans un zoo grandeur nature, où ils sont menés, sommés de payer à chaque étape, y compris pour emprunter la route « nationale » qui traverse le parc, dressés, dirigés, conditionnés, et culpabilisés.

 

Le Guide des Montagnes 2011-2012 distribué par Parcs Canada, (guide officiel pour découvrir les parcs nationaux des montagnes du Canada) est très bien fait. Il abonde en renseignements destinés à l’infantilisation des masses : « Conduisez prudemment... faites attention aux dangers naturels... prenez la résolution de suivre ces bons conseils... veuillez partager les sentiers... » etc. Nous irons jusqu’à lire : « Restez à l’écart des surfaces abruptes ou glissantes, du bord des falaises ou des canyons ainsi que des cours d’eau au débit rapide ». Bref, toutes informations que le fieffé citadin ne suivra que peu ou mal, que le randonneur habituel pratique depuis longtemps, et que le suicidaire aura déjà en tête pour d’autres raisons.

 

Mais dépassons cette première approche qui fleure bon le côté boy-scout, première année des « castors juniors » et glissons un œil plus averti dans les textes d’accompagnement. Ils réservent bien des surprises dont voici quelques-unes :

 

– « Si vous voyez un animal au bord de la route... si c’est un ours, songez à ne pas vous arrêter : Les ours qui voient régulièrement des humains de près, même à bord d’un véhicule, perdent leur méfiance naturelle. Ces ours « dénaturés » risquent fort de mourir dans un accident de la route. Ils doivent pouvoir se nourrir sans se faire déranger afin d’accumuler suffisamment de réserves de graisse pour survivre à l’hiver. Votre décision de ne pas vous arrêter pourrait bien sauver la vie d’un ours. » Vous aurez donc compris que vous êtes coupable dans tous les cas.

 

– « Si vous voyez un ours, un cougar, un loup ou un coyote, traitez-le avec respect. Évitez de vous approcher et quittez lentement les lieux. » Cet avertissement est d’autant plus utile qu’il est précédé d’un autre, encore plus clair, s’il en était besoin :

 

– « Il est illégal de s’approcher d’un animal sauvage, de l’attirer, de le toucher, ou de le harceler de quelques autre manière. » Avez-vous bien compris, vous, délinquants et criminels de tous poils ? Oh, pardon ! Je ne voulais pas vous manquer de respect, Monsieur le Cougar... Je voulais dire : méchants contribuables qui osez fréquenter un endroit où « Parcs Canada veille en votre nom à la protection d’un réseau d’endroits remarquables à la grandeur du pays. »

 

Toutefois, il est possible que vous respectiez toutes ces « suggestions fortes » et que les animaux s’éloignent de vous. Il vous sera donc possible de camper tranquillement. Ah ! Attention :

 

– « Camping spectaculaire : … Vous avez soif d’aventure ? Procurez-vous un permis d’accès à l’arrière-pays et une carte topographique... » Mais cependant, le règlement précise : « Campez dans des emplacements désignés. Il est interdit de camper dans une aire de fréquentation diurne ou de garer votre roulotte pour la nuit le long des routes ou dans les voies d’arrêt. Vous devez acheter un permis de camping pour passer la nuit dans l’avant-pays et un permis d’accès à l’arrière-pays pour camper dans l’arrière-pays. »

 

Bref, vous avez satisfait à toutes ces contraintes et vous partez camper. Mais :

– « Il est interdit d’allumer un feu dans les endroits dépourvus des installations nécessaires. … Il est illégal de recueillir du bois mort, de l’écorce ou des branches... »

Ayant une fois de plus souscrit à toutes ces conditions, bien fomatés par l’esprit du parc, vous allez néanmoins en promenade. Mais ici encore :

 

– « Ne prenez que des photos. Il est illégal de cueillir des fleurs, de couper des arbres ou des branches, ou encore d’endommager, de ramasser ou de retirer des objets naturels ou des organismes vivants (comme des bois d’animaux ou des champignons). La même règle s’applique aux artefacts naturels... »

 

Enfin, un peu fatigué de ces contraintes à répétition, vous rentrez à la base où un bon remontant est nécessaire. Mais :

– « La consommation d’alcool est interdite dans les lieux publics, les aires de pique-nique, les aires de fréquentation diurnes et certains campings. Respectez les couvre-feux dans les campings ainsi que le droit des autres visiteurs à la paix et à la tranquillité. »

 

Enfin, tout va bien, tout est « sécuritaire » pour employer cet horrible adjectif si fréquent en ce beau pays. D’ailleurs, chacun respectera cet autre article :

– « Sécurisez vos armes à feu. La chasse est interdite. Vous devrez garder vos armes à feu dans votre véhicule en tout temps. Elles doivent être déchargées et rangées dans un étui ou enveloppées et solidement ficelées de manière à ce qu’aucune partie de l’arme ne soit exposées à la vue... »

Souscrivons, souscrivons une fois de plus, mais nous ne sommes pas encore au bout de nos surprises, car l’article se poursuit ainsi : « Les arbalètes, les arcs, les armes à plomb et les frondes sont considérées comme des armes à feu. »

 

Oui, vous avez bien lu : « les frondes sont considérées comme des armes à feu. »

 

Ayant donc pris en considération toutes ces remarques, consignes, menaces implicites, interdictions patentes ; ayant jugé que l’architecture des bâtiments de ces belles villes de montagnes reflétait en tous points celle de n’importe qu’elle périphérie commerciale urbaine ; ayant observé l’encombrement insensé de ces RV’s majuscules où papy et mamie promènent leur inlassable ennui ; mais, ayant conservé suffisamment de neurones et de testostérone pour rester conscient du délire technocratique de cet organisme, n’ayant pas trouvé l’article de loi correspondant à la satisfaction des besoins naturels, ayant néanmoins envie de pisser tranquille, décision a été prise de laisser en place tout ce petit monde satisfait de soi-même et de quitter ces lieux enchanteurs, sans épuiser les heures supplémentaires auxquelles me donnait droit mon laisser-passer.

 

Je précise, pour ceux qui en douteraient que toutes les phrases entre guillemets sont des citations exactes, qu’elles émanent d’une brochure en français, et j’en profite pour rappeler la belle fable de La Fontaine où il est question d’un collier de chien.

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30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 17:30

 

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Hyder est une étrange petite ville fantôme. Elle est située dans le Sud de l’Alaska, à la frontière avec la Colombie Britannique, donc du Canada. Mais pour y arriver, aucun bureau de douane ne vous arrêtera. C’est peut-être le privilège des villes fantômes d’oublier les uniformes et les tracasseries administratives.

 

J’y étais arrivé par hasard il y a quinze ans, un soir de brume bleutée, accueilli par un aigle chauve planté sur un pilotis abandonné du fjord, et par un autre fantôme qui s’appelait Wild Bill. Nous étions allés taquiner le grizzly, 357 magnum au côté, avions arrosé convenablement la soirée, et évoqué d’autres esprits, comme toutes les vies bien faites en recèlent dans les méandres de leurs parcours.


J’ai repris la route qui monte vers Salmon Glacier. La civilisation était passée par là. Ce qui était alors une piste abandonnée, coupée par endroits, prévenant de n’avancer « qu’à ses risques et périls » est devenue une honnête piste où le 4x4 n’est pas systématiquement nécessaire. Point n’est besoin non plus de frôler le vide pour avancer. Quelques mètres en largeur ont été gagnés à coups de bulldozers. C’est que la région est connue pour ses filons aurifères. En sommeil lorsque le cours du métal précieux était au plus bas, la fièvre de l’or a rameuté ses troupes, compagnies, engins de toutes sortes, terrestres et aériens.

 

Parions que d’importants accords ont dû être nécessaires pour que toute cette machinerie se mette en marche, d’autant que la route serpentine passe la frontière, au moins en un endroit, comme l’atteste un vieux panneau de bois. Alors, jusqu’où vont les galeries ? Ce qui est sûr, c’est que la recherche et l’exploitation se poursuivent. Depuis le dernier dépôt, un hélicoptère transporte de longs madriers vers les montagnes. Point n’est besoin d’être ingénieur des mines pour deviner que ça creuse, avec nécessité de soutènement.

 

En fait, cette région avait déjà connu, il y a un siècle, sa ruée vers l’or. Mais l’exploitation était complexe et coûteuse, car il fallait creuser pendant des kilomètres pour atteindre les gros filons situés sous le Salmon glacier.

 

Ce glacier est une merveille. La puissance en majesté dans la rugosité des montagnes. Ses traînées rocailleuses montrent ses origines multiples, et son énorme langue crevassée, large de plusieurs centaines de mètres se termine en se dédoublant, comme s’il s’agissait d’un monstrueux serpent pétrifié. Pour ceux qui succombent plus à la fièvre de la beauté qu’à celle des métaux précieux, le déplacement s’impose. Malheureusement, le mercantilo-tourisme, bien qu’encore limité, suit la même voie. Il devient de plus en plus difficile d’être seul face à la beauté.

 

En marchant dans la forêt, je découvre l’emplacement d’un forage destiné à une prochaine explosion. Comme ici, ce ne sont pas des gamins qui s’amusent, j’en déduis qu’il serait peut-être rentable d’explorer la rivière voisine, à la recherche de quelque pépite. Tant pis ! Ce sera pour une autre vie.

 

Il faut quitter Hyder. L’exploitation de la balade bien protégée et payante vers l’ours de service ne m’amuse guère. Il suffit de marcher en forêt pour y faire de belles rencontres, plus enrichissantes. La baraque de Wild Bill est fermée. Qu’est-il devenu ? Disparu, probablement. Whisky ? Grizzly ? Inutile de poser trop de questions à la vie qui passe.

 

Le retour vers Stewart, la ville frontière, impose, dans ce sens, de s’arrêter au poste frontière. Non, nous n’avons ni arme à feu ni alcool. Deux questions qui valent un triste bilan sur la vie de certaines sociétés.

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21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 23:41

 

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Si par hasard vous passez à la frontière du Yukon et des Territoires du Nord-Ouest, sur la Dempster, jetez un coup d’œil de part et d’autre. Il est possible que vous aperceviez un bon gros nounours, ou deux..., ou quatre. Cela dépend du temps que vous y resterez, et des promenades de ces petits plantigrades.


Celui qui s’offre ici en illustration est passé à portée de patte. De la mienne (j’aurais pu lui faire un câlin), et de la sienne (la taille de ses griffes fait réfléchir). Finalement, nous avons décidé, l’un et l’autre, de continuer nos chemins.

 

La question qui se pose, lorsqu’on rencontre l’une de ces braves petites peluches, est de savoir quel jeu se prépare. On peut dire que, globalement, tout se passe bien... sauf dans les cas où tout se passe mal. Cette distinction, bien utile à la vie de l’un et de l’autre, n’est pas toujours facile à prévoir.

 

Différentes brochures, et même un film visible au centre d’information de Whitehorse, sont disponibles. Il vaut mieux les lire et les écouter. Mais, à ma connaissance, elles n’ont pas été traduites en langage ours. C’est dommage. Elles ont plutôt été aménagées en politico-technocratico-correct. En gros, si l’ours vous attaque, et si vous n’en réchappez pas, c’est de votre faute.

 

Résumé ainsi, la morale de l’histoire peut paraître abrupte. Mais je me réserve le droit d’en faire la démonstration, à partir des textes ad hoc dans l’OLNI®que j’annonce concernant mon regard sur l’Alaska Highway. Et si quelques dents doivent grincer, ce ne seront pas celles de mon compagnon du jour, qui poursuit tranquillement son petit bonhomme de chemin.

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18 août 2011 4 18 /08 /août /2011 03:30

 

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Atteindre Inuvik par la route, c’est parier sur un minimum d’efforts routiers, pour utiliser une litote. La fameuse route, la Dempster, bien que largement améliorée depuis les quinze dernières années – je peux en témoigner pour l’avoir expérimentée alors – vous gratifiera de plus de 700 km de terre, de cailloux, de graviers, de boue, de virages et de merveilles. Et encore, ce n’est pas l’hiver ! Encore faut-il les apprécier, ces merveilles, savoir s’arrêter pour savourer la vue d’une forêt brûlée en pleine reviviscence, la belle foulée d’un groupe de caribous, ou la démarche pataude, en apparence seulement, d’un brave grizzly qui ne demande qu’à arracher son content de racines.


Évidemment, il y a l’avion, un saut de puce... mais quelle perte !

Inuvik se mérite, grosse bourgade de 3500 habitants, artificiellement posée sur la branche Est du Mackenzie, avant qu’il ne se jette dans la mer de Beaufort. N’y attendez nul génie d’urbanisation. Sachez voir au-delà. Inuvik signifie, en langue locale « la place de l’Homme ». Alors, il faut se poser des questions sur cet Homme.


À l’entrée de la ville, une sculpture de plus de trois tonnes orne l’entrée du centre d’interprétation. Le thème en est : l’unité dans la diversité. Elle est l’œuvre de cinq artistes des territoires du Nord-Ouest qui y ont intégré des symboles spécifiques ou partagés par chacun de leurs peuples originels.


La sculpture date de 1999 est n’a pas manqué d’être politiquement aidée, ce qui amène à dépasser le politiquement correct et à poser quelques questions. Inuvik, la place de l’Homme, d’accord, mais quel Homme ? Et quelle place pour chacun ? Il y a en effet de gros intérêts en jeu. Les forages en mer n’ont pas manqué de lancer divers « booms ». Gaz, pétrole, ne peuvent qu’amener leur lot de convoitises et de discussions plus ou mins amènes, même entre peuples de cultures voisines. Inuvik est à la frontière des groupes Gwinch’in qui la possèdent, et Inavialut, plus nordiques et plus traditionnels (du moins en théorie). Le transfert forcé de cette capitale depuis Tuktoyaktuk, en territoire Inuvialuit, a certainement fait grincer quelques dents et obligé à quelques compensations, avec l’aide du gouvernement fédéral canadien, bien obligé de composer avec les différentes communautés qui, de fait, font du Canada une mosaïque aux dessins parfois assez flous, ce même gouvernement canadien qui, en ce type de cas, sait puiser au fond des poches du contribuable pour distribuer à foison, avec toutes les insuffisances et les dégâts que les bureaucrates de tous pays n’imaginent même pas. Un petit tour en ville, attrapant au passage, et par force, les conversations et appels plus qu’alcoolisés n’en est que la partie la plus apparente.


Il y a heureusement des rencontres plus profondes. Telle celle de Bobby, catholique romain convaincu, qui saura nous parler profondément de son pays et de ses espoirs, ou celle de ce responsable territorial des ressources en eau, et bien d’autres encore.


On ne peut parler d’Inuvik sans y rajouter une autre dimension relativement nouvelle. Depuis quelques années une mosquée y a été installée, et plus qu’installée, déplacée sur des milliers de kilomètres, par route et par bateau, à grands renforts de publicité. Lorsqu’on la voit, on ne peut que comprendre que les quelques planches qui la composent ne méritaient pas tant d’énergie motrice, sauf à vouloir marquer une volonté particulière qui dépasse celle du simple culte.


Inuvik, la place de l’Homme, va certainement connaître quelques secousses, et ce n’est pas le groupe de « jeunes » rencontrés en sortant de la ville qui me contrediraient, encapuchonnés, certains armés de bâtons, bien démonstratifs, l’un d’entre eux déjà marqué au visage de quelques horions.

Je ne pense pas qu’ils allaient rendre hommage à la fameuse statue dont je viens de parler. Ou alors, il s’agissait d’une de ses facettes bien particulière, celle où le bec d’un rapace surplombe la face d’un homme, avec, probablement, des idées bien arrêtées.


L’avenir dira. Inuvik... la place de l’Homme.

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9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 22:33

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Le seul nom de cette ville peut faire rêver. Encore faut-il pour cela avoir lu, au moins, Jack London dans ses livres les plus connus. Je ne perdrai pas mon temps à demander à tous les visiteurs promenés par palanquées, extraits de leurs bus, ou de leurs énormes camping-cars, de me gratifier de leur réflexions sur Le Talon de fer ou sur Martin Eden. Pas plus que je ne leur demanderai de me parler de Robert Service et de ses poèmes, et d’autres encores.


Tout cela pour dire que chaque ville a ses heures de gloire, et que la misère la guette, que les paillettes et les pépites – qui ont certainement déçu plus d’un prospecteur – leur ont au moins amené des souvenirs et des richesses d’esprit à remplir plusieurs vies. Mais les bons de visites encadrées, transformés en dollars, sentent l’aigre.

 

Le paradoxe, en cette ville qui veut se tenir debout à force d’attirer des silhouettes mécaniques, est qu’elle ne vit que par ses fantômes et ses maisons délabrées. Encore faut-il comprendre que nombre d’entre elles ont été sacrifiées à de nouvelles contraintes urbaines. Il reste encore quelques témoignages, peut-être, malgré tout, entretenus sur quelque budget communal. Le pergélisol, cette couche terrestre qui subit les influences alternées du gel et du dégel, incline peu à peu ces ancêtres, qui, au moins, font encore semblant de vivre.

 

Pour le reste, bienvenue aux colifichets et autres décors de mauvais théâtre.



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1 août 2011 1 01 /08 /août /2011 02:03

 

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Watson Lake, le fameux « triangle des Bermudes » dont nous parlait Joan (une histoire qui vous sera contée dans le futur OLNI) nous a laissé partir.

 

À peine deux kilomètres après la ville un joli ourson noir nous souhaitait bon voyage sur le bord de la route. C’est du moins ce que j’ai cru comprendre, car, timide comme il l’était, il ne me laissa pas le temps de prendre la moindre photo. Lors des récentes promenades en vélo, il ne nous a pas été donné d’en apercevoir. Mais sûrement, eux, nous ont aperçus et laissé la priorité.

 

Chemin faisant, nous arrivons à Teslin, remarquable par son importante communauté indienne et par le pont de plus de cinq cents mètres qui enjambe la rivière, le plus long ou l’un des trois plus longs (selon les documents) sur l’Alaska Higway. Je laisse les arpenteurs établir entre eux les éléments du débat. Panorama oblige, un arrêt et une photo s’impose.

 

C’est là que nous rencontrons Jörg et Kerstin, deux jeunes Allemands, cyclistes. La conversation s’engage. Pourquoi ? Sympathie immédiate. Ils ont un visa de tourisme et travail, ce qui leur donne droit à un an de séjour au Canada. Contrairement à beaucoup qui s’orientent ouest-est, ils étaient attirés par les Montagnes Rocheuses. C’est pourquoi ils ont commencé leur randonnée à Calgary, avec Whitehorse pour but.

 

Nous parlons « ours ». Ils en ont rencontré assez souvent, sans aucun ennui, à condition de passer tranquillement, de laisser un espace raisonnable entre les « deux-roues » et les « quatre-pattes ». Ils n’étaient pas au courant de la récente agression d’un groupe de jeunes gens par un grizzly qui a blessé trois d’entre eux.

 

Ils sont enchantés de leur parcours, qu’ils ont entrecoupé de longues marches de plusieurs jours dans des lieux perdus, comme le parc des volcans de la Cassiar.

 

Jörg agitait périodiquement sa clochette, ainsi qu’il est recommandé. Il a pu constater qu’ils suivaient des traces fraîches de plantigrades, et que celles-ci, à un moment, s’écartaient de la piste, comme si la brave bête avait souhaité leur laisser le passage. À tout hasard, il porte à la ceinture une de ces bombes à poivre dont l’effet est... inégal ?

 

Retourneront-ils à Dresde, leur ville d’origine ? Ou se laisseront-il prendre par la magie de la route ? L’avenir le dira. Quoi qu’il en soit, cela fait plaisir de rencontrer un jeune couple au frais sourire, et à l’âme aussi bien trempée que les muscles. Nous nous souhaitons mutuellement bonne chance, espérant avoir des nouvelles par leur blog dont voici l'adresse : www.kkanada.blogspot.com

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28 juillet 2011 4 28 /07 /juillet /2011 22:50

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Margaret Laurence, écrivain canadien, vivait à Neepawa, dans le Manitoba. L'illustration de cet article représente sa maison, que l'on peut visiter. Un texte y était exposé, intitulé La Bibliothèque. J'en ai entrepris la traduction, avec la permission des ayants-droits, (sauf vente). Compte tenu de son intérêt littéraire, cette traduction se trouve sur le blog de Lettropolis.

Pour les amoureux de littérature...

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22 juillet 2011 5 22 /07 /juillet /2011 00:25

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Watson Lake tire son nom d'un de ses premiers habitants.

 

D’abord, c’est une halte bienvenue après ces centaines de kilomètres, et c’est aussi le site de la Forêt des panneaux.

 

Nous y sommes déjà passés il y a une quinzaine d’années et avions laissé notre marque sur l’un des poteaux. J’avais alors utilisé une planche de bois que j’avais marquée au moyen d’un clou chauffé au rouge sur le réchaud de notre camping-car. Bien sûr, la tentation est forte de le retrouver. Mais quelques tours autour de la bonne centaine de poteaux et des plus de soixante-dix mille panneaux nous laissent sur notre faim, et de toutes façons, nous avions mieux à faire : renouveler la trace de notre passage. Mais comment : après avoir agité différentes pensées, le mieux est d’utiliser un CD sur lequel j’inscris au feutre indélébile www.lettropolis.fr 2011. Mais la deuxième difficulté est de trouver une place libre. C’est finalement sur un poteau de la rangée externe ouest, le trentième à partir de la gauche, très proche des panneaux explicatifs, que je visse le CD, centré par une rondelle pour placoplatre qui traîne pour on ne sait quelle raison dans ma boite à outils. Moralité, maintes fois répétée : il faut tout garder. On ne sait jamais... mais quand ?

 

Au centre d’information, une dame tonique nous accueille et nous propose tous les dépliants possibles et imaginables pour que nous restions je ne sais combien de temps dans la région.

 

Nous en profitons pour visiter le petit musée adjacent consacré à l’Alcan et pour assister à la projection d’un court métrage, tout aussi intéressant que les précédents. Y est exposé en particulier un stéréographe d’époque, grâce auquel, à partir de deux photographies en noir et blanc de qualité variable, les aviateurs ou autres découvreurs se formaient une idée plus précise des terrains qu’ils devraient survoler ou retrouver. La leçon est intéressante : avec nos moyens actuels, nous sommes dans un autre monde. Il n’est pas facile de recréer ces images en relief, et de les mémoriser pour ne pas se perdre dans ces territoires mal balisés de l’époque.

 

Il n’y a pas de base de données concernant les fameux panneaux, et sur ma demande, j’apprends que les chiffres ne sont qu’estimatifs, et réactualisés à chaque mise en place d’un nouveau poteau. Apparemment, les vieux panneaux sont laissés en place, mais le temps fait son œuvre, et aussi peut-être certains indélicats, qui, pour s’assurer une place bien visible, ne doivent pas hésiter jouer du « ôte-toi de là que je m’y mette ». De même, je trouve quelques panneaux manifestement volontairement abîmés. Ce sont de jeunes garçons, m’affirme la brave dame, mais cela est rare. Je veux bien le croire, et je me demande sous quelle emprise ils peuvent bien se trouver pour jouer à ces imbécillités. Enfin, le seul de ces « jeunes » rencontré hier soir dans cette forêt avait l’air béat et une bonne bouteille de bière à la main. Ici comme ailleurs nous retrouvons la grande question de l’alcoolisme, sujet délicat s’il en est, car touchant largement les communautés dites « premières nations ».

 

Mais telle qu'elle est cette "forêt" qui fut à l'origine lancée par un soldat lors de la construction de l'Alaska Highway est un succès et une attraction sympathique. Apprécions-la ainsi.

 

 

Ce texte est un extrait de l'Olni qui paraîtra par la suite.

 


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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 19:37

 

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Contrairement à ce que l’illustration laisserait penser, il ne s’agit pas de la photographie d’un timbre, mais de celle d’une peinture murale ornant une rue de Dawson Creek.

Rappelons que nous sommes ici au début de la fameuse Alaska Higway qui guide notre voyage vers Fairbanks. L’exploit, ou plutôt les exploits qui ont marqué cette construction sont autant le fait des planificateurs de l’entreprise que des hommes de terrain, pris dans les difficultés les plus extrêmes pour créer cette route.

 

Cette histoire, cette épopée, nous ne saurions en rien la revivre, puisque la route d’aujourd’hui, dans les conditions climatiques normales, n’est qu’une longue promenade.

 

Mais oublier les hommes qui nous ont précédés en ses débuts serait une injustice fautive. C’est pourquoi, nous tenterons de retrouver leurs traces aussi souvent que possible. Certains regretteront que le tourisme entraîne un affadissement de l’histoire.

 

D’autres noteront qu’il en relaie, à sa mesure, les traces. Faisons donc de notre mieux. Et si une économie s’y branche, autant oublieuse que paradoxalement conservatrice, tâchons de nous situer du meilleur côté.

 

Donc Dawson Creek possède en certaines de ses rues des peintures murales de bonne facture. Celle que j’ai choisie ici résume le trajet de la route. Mais il en est bien d’autres, que je réserve pour le futur OLNI.

 

En attendant, faites un effort d’imagination, et embarquez à bord de ce 4x4 de 1942. Un sacré voyage vous attend. 

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Profil

  • Pierre-François GHISONI
  • la littérature en partage
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