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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 18:19
ELLE EST LÀ

ELLE EST LÀ

 

Cet article a été écrit par Christophe BIOTTEAU

 

Ô homme sans jugement, homme inconséquent, homme contradictoire, tu te plains d’être seul et tu t’enfermes dans un monde virtuel !

Écoute-moi !

Tu t’enfermes dans tes écouteurs, tu t’enfermes face à ton écran ; la voix que tu écoutes, elle t’entretient peut-être de la solitude, de l’incompréhension, de l’isolement ; les images que tu regardes, elles te montrent peut-être les ravages des fanatismes, de la drogue ou de toutes de barbaries. Ton cœur saigne. Cependant à deux pas de toi, debout, se tenant à la barre de fer verticale, un homme pleure ; assise sur son strapontin, une femme hurle et suffoque, et toi, tu les ignores. C’est normal, ils n’existent pas : ils sont réels, eux ; ils sont près de toi !

Ne te plains pas, ô homme, de n’avoir pour uniques « amis » que tes idoles pixellisées, numériques et factices. Ô homme, qu’il est plaisant, n’est-ce pas ? de prendre rendez-vous chaque jour avec tes héros favoris des jeux vidéos qui t’entraînent dans leurs mondes merveilleux. Ils vont formater ton cerveau, le reprogrammer, afin que tu deviennes, à ton corps défendant, le dévoué et fidèle petit serviteur du dieu de la réalité virtuelle !

Présomptueux petit homme, tu te prends pour l’araignée qui marche sur sa toile et tu crois que c’est toi qui la files… Mais n’as-tu pas pensé, internaute sans cervelle, à tout ce que tu risques ? Que deviennent les images que tu publies sur l’immense toile; les mots que tu écris ; ta vie privée que tu exposes ? À qui dorénavant appartiennent-ils ? Qui s’en empare ? Qui les met en réserve ? À qui réclameras-tu réparation lorsqu’on te harcèlera ou que l’on te fera chanter ? À une machine pleine de sensibilité appelée « ordinateur » ? Jusques à quand, ô faible créature, resteras-tu l’esclave des outils que tu inventas et qui se retournent contre toi et te possèdent pour t’enlever toute liberté ?

Et de la toile, tu croyais que tu étais l’araignée et tu découvres – avec horreur ! – que tu es la mouche ! La mouche ? Que dis-je ! Le moustique !

Le Martyre dévoilé de la bienheureuse Jeanne Billace

Le Martyre dévoilé de la bienheureuse Jeanne Billace

Christophe BIOTTEAU
est l’auteur de :

Le Martyre dévoilé de la bienheureuse Jeanne Billace
aux éditions Lettropolis

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26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 09:23
Pierre Le Grand et Louis XV
Pierre Le Grand et Louis XV

LE MONDE DE L'ART ET DES LETTRES, tel est le titre de la revue publiée par Jean-Bernard CAHOURS D'ASPRY qui vient de publier son DIAGUILEV aux éditions Lettropolis.

Notre auteur écrit pour tous ceux qui s'intéressent à la poésie, la musique, la danse, la peinture, l'archéologie, le symbolisme, l'héraldique, le patrimoine, l'histoire.

Le numéro 51 de la revue Le Monde de l'art et des lettres donne en première lecture les deux chapitres initiaux d'un travail à paraître sur le séjour de Pierre le Grand en France au printemps 1717. Et ce premier s'intitule :

FRANCE ET RUSSIE : DES RELATIONS HÉSITANTES

Comme quoi, le passé et le présent se rejoignent, ce qui est bien sûr l'enfoncement d'une porte ouverte, mais enfoncement bien nécessaire à renouveler périodiquement. Et à titre d'illustration, l'image de couverture de la revue Le Monde de l'art et des lettres représente le tsar Pierre le Grand (le fondateur de Saint-Petersbourg) tenant dans ses bras le futur Louis XV. Cette oeuvre du sculpteur russe Léopold Berstam fut présentée à l’exposition universelle de Paris en 1900, et achetée par le tsar Nicolas II qui la fit installer dans les jardins de Peterhof derrière le pavillon dit « Marly », où elle se trouve toujours.

Alors, si vous voulez en savoir plus, ce qui n'est jamais inutile, rendez-vous sur le site :

http://www.lemondedelartetdeslettres.com

Serge Pavlovitch de Diaghilev
Serge Pavlovitch de Diaghilev
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10 mai 2014 6 10 /05 /mai /2014 09:34
LE PATAOUÈTE
               LE PATAOUÈTE

 Les éditions LETTROPOLIS présentent

LE PATAOUÈTE

De Jeanne DUCLOS,
Charles-André MASSA †,
Jean MONNERET,
Yves PLEVEN †

 

Le Pataouète, porte en sous-titre : Dictionnaire de la langue populaire d'Algérie et d'Afrique du Nord, et c'est heureux. Heureux ou malheureux car, à peine le mot pataouète énoncé, nos interlocuteurs, Frankaouis, demandent : « Le pataouète ? C'est quoi ? » ou, en traduction pataouète francisée : « quez'aco ? » (dont on devine les multiples passages méditerranéens.

Plus de soixante ans après le départ des Français d'Afrique du Nord, la Métropole, qui accueillit plus ou moins bien ces « vacanciers », comme osa le dire un maire marseillais – que çui-là, mieux y s'estrafoguait avec une papass d'allatche pis que les spindjes de son port – la Métropole, donc, ignore non seulement les saveurs, ou les idiotismes de ce langage, mais jusqu'à son nom. Oui, de temps à autre, on s’essaye à parodier un accent, ou du moins on le croit. Comme là-bas... Comme là-bas ? Pas vraiment. Mais c'est déjà un début... pour une fin.

Car, au moment où l'on veut faire ressurgir des langues régionales – et c'est bien – il en est une dont les locuteurs sont en voie de disparition et qui, bizarrement, ne fait pas partie des résurgences en cours. Oh ! Le pataouète n'est peut-être pas une grande langue de civilisation. Est-ce même une langue ? Ce n'est peut-être qu'un patois, si l'on suit l'étymologie à partir des racines catalanes. Mais un patois qui a fait rire, chanter, parler, aimer, et se battre, un million de personnes (pour le dernier comptage) sans oublier les générations précédentes, un patois irrigué d'arabe, d'espagnol, d'italien, de maltais, de français, de catalan-valencien, d'occitan. Au moment où l'on nous parle tant d'Europe – où la langue anglaise prend une ascendance étonnante pour un pays qui multiplie les exemptions aux lois et réglements de la dite Europe – voilà qui n'est pas banal.

Par ses 1430 entrées, rehaussées de citations colorées, d'une bibliographie multiple par ses références littéraires et linguistiques, Le Pataouète rappellera aux plus vieux « vacanciers forcés » les images sonores d'un pays perdu. Il est même possible que des enfants, des petits-enfants posent des questions à des grands-parents dont les yeux se mouilleront. Parce que... si c'était pas ce grand falso... que la rabia elle me prend, rien qu'aux bolas qu'y nous a sortis... un pays mieux qu'avec des rivières de lait et de miel, t'y aurais vu.

Le Pataouète
dictionnaire du français populaire
d'Algérie et d'Afrique du Nord
par Jeanne DUCLOS,
Charles-André MASSA †,
Jean MONNERET,
Yves PLEVEN †

618 pages
1430 entrées
7,85 €

LE PATAOUÈTE
LE PATAOUÈTE
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7 mai 2014 3 07 /05 /mai /2014 09:41
DVD Colloque Jeanne d'Arc
DVD Colloque Jeanne d'Arc

Le mois de mai est riche en célébrations, commémorations, anniversaires de toute sorte, avec, en toile de fond, une idée de libération. Certains associeront à ce mot les classiques "ponts" qui autorisent des vacances bien méritées.

Mais d'autres époques nécessitaient d'autres libérations. Donc, n'oublions pas cette héroïne nationale sur laquelle Lettropolis a publié un DVD, reprenant l'intégralité du colloque de décembre 2012 qui traitait de Jeanne à travers la littérature, le théâtre, le cinéma et ses principales représentations picturales. Nous pourrions parler d'histoire enrichie à l'usage des contemporains, c'est pourquoi le titre en était:

JEANNE D'ARC ET NOTRE TEMPS

Il était organisé par l'Association littéraire et artistique du VIIe arrondissement, les Amis de Jehanne, et le CAEC.

Y participaient  (par ordre alphabétique) :

- M. le professeur Francis BALACE, professeur émérite de l'université de Liège, expliquant "La difficile pénétration du culte Johannique en Belgique"

- M. Didier BEOUTIS, présentant "Jeanne d'Arc, François Mitterrand et l'Action française"

- M. Philippe d'HUGUES, critique cinématographique, avec "Jeanne d'Arc au cinéma en France et à l'étranger."

- Mme Claude LIBERT †, conférencière, dans sa remarquable et ultime conférence, sur "Jeanne d'Arc dans la peinture et la statuaire"

 - Mme Dominique Paoli, historien, doublement à l'honneur avec "Jeanne d'Arc et l'Action française" et aussi "Jeanne d'Arc dans la littérature et le théâtre contemporains"

- M. Philippe PRÉVOST, docteur es-lettres, éclairant un pan peu connu : "La politique des canonisations : l'exemple de Jeanne d'Arc"

DVD Colloque Jeanne d'Arc
DVD Colloque Jeanne d'Arc

Le DVD contient les huit heures de colloque en 46 épisodes et près de 100 illustrations.

Il est lisible sur tout ordinateur PC ou Mac

et seulement... 15 €

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4 mai 2014 7 04 /05 /mai /2014 19:38

 

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Le général Jeanningros, celui qui illustre Jeanningros saga, a-t-il eu un ami Versaillais ? Nous ne le savons pas, mais maintenant, Jeanningros saga et Lettropolis ont pour ami Le Petit Versaillais.

Mais qui est Le Petit Versaillais ? C'est un ami, non pas en chair et en os, mais en papier et en numérique. Le Petit Versaillais est le titre d'un journal gratuit qui reprend le flambeau porté par son ancêtre éponyme et laissé dans l'ombre depuis cent ans.

Journal gratuit, mais pas au rabais ; maquette élégante, mélange harmonieux de nouvelles locales, de faits historiques reliés à la riche histoire versaillaise, de petits reportages séduisants et de recettes pratiques. Un gratuit pas comme les autres, déjà tiré à 15 000 exemplaires et dont l'audience croît régulièrement.

Alors Jeanningros saga se devait d'y être. Savez-vous pourquoi ? Parce que le général, ou du moins son comportement et son témoignage, jouèrent un rôle non négligeable dans un événement historique de grande importance qui eut lieu à Versailles, en octobre 1873.

Quel événement ? Quel rôle ? Vous le saurez en dénichant Le Petit Versaillais, soit dans sa version papier (visiter Versailles vaut quelques étoiles dans les guides) ou en images numériques (votre moteur de recherche vous y mènera sans difficulté). Mais comprendre l'histoire en lisant Jeanningros saga, ce n'est pas mal non plus, en numérique ou en papier.

Et à propos du téléchargement de Jeanningros saga sur Lettropolis, il en existe maintenant trois versions : le PDF (pour la lecture sur deux pages, comme un livre), l'ePub (pour les tablettes de petite taille), et la Flash (pour ceux qui veulent vraiment voir défiler les pages sur leur écran).

Bonne lecture, ou plutôt bonnes lectures.

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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 09:05

 

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Jean-Bernard CAHOURS d’ASPRY
a confié à LETTROPOLIS
la publication de son
DIAGHILEV

 

 

Les Ballets russes de Serge de Diaghilev ont enchanté, et parfois fait hurler, les foules du début du siècle précédent. Mais qu'en était-il donc ? Engouement snobinard de balletomanes distingués ? Feu de paille et de paillettes ? Ou transformation d'un monde dont cette forme d'art fut un marqueur puissant ? À près d'un siècle de distance, il fallait des témoins, des repères.

 

M. Alexandre Aliexievitch Avdeev, ministre de la Culture de la Fédération de Russie a posé justement le problème par cette phrase :

« Un pont entre la Russie et la France ».

 

Elle est si juste, cette phrase, qu'elle sert de sous-titre à la nouvelle biographie de Diaghilev, avec, en toile de fond, les célébrissimes Ballets russes.

 

La deuxième personne illustrant au sens propre l'esprit des Ballets russes est le peintre Gueorgui Chichkine qui nous a autorisés à reproduire son remarquable triptyque Hommage aux Ballets russes de Diaghilev dont le panneau central orne notre couverture, et que l'on retrouvera en dernière page dans son intégralité.

 

Enfin, pour concrétiser le cheminement, il fallait s'en remettre à un spécialiste. Jean-Bernard Cahours d'Aspry fait partie de ces étonnants personnages passionnés par cette époque – nous devrions dire par cette épopée – et qui, de plus, en a fréquenté les derniers survivants.

Son Diaghilevréjouira les amateurs de danse, les férus d'histoire de l'art, cela est certain, mais pas seulement... Faire revivre un monde disparu dont les échos ne cessent de nous enchanter, montre à quel point notre civilisation a besoin de repères, dont certains, pour incandescents et élitistes qu'ils fussent, perdurent et se distribuent dans la mémoire collective. Qui aurait méconnu lesBallets russes de Diaghilev, gardera bien une trace de L'Oiseau de feu de Stravinsky, ou de L'Après-midi d'un faune, inspiré autant de Mallarmé que deDebussy, ou des Danses polovtsiennes du Prince Igor de Borodine, parmi un bouquet de merveilles. Et les noms de Nijinsky, de Chaliapine, de Pavlova, et de tant d'autres seraient-ils perdus à jamais ?

De plus, nous découvrons aussi l'envers du décor, les moments sublimes, les fâcheries, la course aux mécènes, les rendez-vous manqués, tels celui de Diaghilev et de Déodat de Séverac, ce merveilleux musicien qui, de ce fait, reste au purgatoire des artistes.

Et s'il fallait ajouter une pensée parmi tant, je retiendrai celle de Nijinsky sur Isadora Duncan : 

« Les glissades et les sautillements enfantins de cette dame pieds nus ne méritent pas le nom d’art… ce qu’elle fait est spontané, ce n’est fondé sur les principes d’aucune école et ne peut donc s’enseigner… Ce n’est pas de l’art. »

Voilà bien un débat que ne renierait aucun philosophe soucieux du sens du monde. Ne l'entamons pas ici, mais ailleurs...

Ne nous refusons pas une ascension vers les rêves de Diaghilev, qui, rompant avec la platitude des spectacles mortellement convenus, associa les éclats de la danse, de la musique et de la peinture, pour composer l'architecture flamboyante des Ballets russes.

 

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Diaghilev

 

Jean-Bernard Cahours d’Aspry

Préface (bilingue) de Monsieur Alexandre Aliexievitch Avdeev, ministre de la Culture de la Fédération de Russie.
Illustration du peintre Gueorgui Chichkine :
Hommage aux Ballets russes de Diaghilev

1506 pages
650 notes
7,85 €

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11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 08:14

 

 

Je découvre sur le tard – jamais trop tard pour un chef d’œuvre – La Grande Faim, de Paul-Émile Victor, version enregistrée par l'auteur en 1956.

Il retrace le drame des grandes famines des années 1882 et 1883 sur la côte du Groenland. Certains ont qualifié – un peu légèrement – ce texte de roman. En fait, Paul-Émile Victor en avait recueilli les souvenirs lors de son premier séjour en 1934 à Tassiussak, la bourgade principale des Ammassalimiout. Comme dans bien des grandes aventures et découvertes – je pense à Cortés et la Malincha – le rôle d'information-transmission est dévolu à une jeune femme, ici nommée Doumidia, avec qui l'auteur partagea... bien des choses.

Cette version est un monument de littérature.

L'histoire tout d'abord. Brute et brutale, d'une simplicité effarante : la famine dans son expression la plus complète, presque incompréhensible à nos yeux, et d'autant plus agressive qu'elle échappe à notre monde, même pour ceux qui ont souffert au-delà de notre imaginaire. Je veux parler des camps de concentration dont les nazis n'ont eu ni la primeur, ni la spécificité. Que ceux qui en doutent lisent les témoignages trop rares (les morts écrivent peu) du Goulag, du Laogaï, des camps vietminh (hommage à Hélie Denoix de Saint-Marc et honte à Boudarel) etc. Mais au moins – horrible expression – dans ces camps, des hommes martyrisaient d'autres hommes, et il y eut des lueurs inattendues... trop rares, trop faibles.

Mais lorsque la Nature s'en mêle, lorsqu'aucune chasse ni aucune pêche, n'est plus possible, qu'aucune plante ne pousse, lorsque ces hommes qui ont appris depuis des siècles à survivre dans des conditions extrêmes ont mangé leurs chiens, leurs vêtements, les parois de leurs maisons faites de peaux de bêtes, lorsque le ventre est vide depuis des jours et des jours, lorsque les plus valides partent chercher de l'aide, dans la tempête, au prix d'efforts surhumains dans la neige, la glace, sur la banquise, et qu'ils ne rencontrent que mort et désolation, alors... ?

Alors la mort est inévitable. La mort donnée aux enfants, aux vieux, en les jetant dans des trous de la banquise, et en les suivant vers le monde des grandes chasses d'où la faim est bannie.

Encore faut-il ruser, jouer avec les courants de la mer sous la banquise pour éviter que le corps ne soit retrouvé, harponné par les derniers survivants, récupéré... et mangé.

Alors, que reste-t-il, au-delà de l'horreur ? Rien, peut-être, si ce n'est l'assassinat pour un dernier banquet, et ces témoignages : c'est plus sucré que l'ours, c'est bon.

 

Le style est dépouillé à l'extrême – un style auprès duquel celui de Simenon passerait pour fioritures – les phrases répétitives : « Ici il y a de la faim... Ils mangent de l'homme ». Pas un mot qui ne concentre le drame.

Quant à la diction de Paul-Émile Victor, là aussi, réussite totale, sans artifices, accordée à l'insensibilité glaçante de la nature. Je ne peux la comparer qu'à celle de Camus lisant L'Étranger.

Que nul ne discoure sur l'homme dans la nature s'il n'a écouté La Grande Faim de Paul-Émile Victor.

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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 16:22

 

 

Volubilis des temps qui changent

 

 

Le titre de cet article peut paraître mystérieux. Promet-il des approches en fanfare ? Des remarques sibyllines sur les temps politiques agités ? Sur les ondées ou les tonnerres de la météo ? Fera-t-il frémir les partisans de l'autre ou les thuriféraires de l’un ?

Rien de tout cela. Je veux ici offrir un modèle à quelques auteurs qui se lancent parfois dans une marche errante entre les temps et modes de nos verbes, pour – mi-sorciers, mi-horlogers – parcourir les montagnes russes des temps du récit.

Attention ! Le flash-back(le français retourinstantanéserait d'autant meilleur qu'il évoquerait un temps né et rené d'un instant) est une technique à maîtriser sous peine de n'être qu'une sale manie (comme aurait dit Brassens). Quant au fondu enchaîné, si facile à mettre en œuvre dans tout caméscope tant soit peu perfectionné, ne le confondons pas avec une écriture maîtrisée.

Certes, tout cela est bien beau, mais comment faire ?

L'éditeur qui lit beaucoup, autant par plaisir que par obligation, qui ose prétendre à quelque habileté en la dévorante habitude scripturale, peut se permettre, à l'occasion de proposer des exemples.

En voici un, extrait de Mémoires d'avenir de Michel Jobert. C'est un « petit » chef d’œuvre. Le passé et le présent – son passé et son présent – nous prennent et nous entraînent dès le début par une phrase qui semble annoncer une belle matinée. Qui semble... Car tout l'art est dans cette glissade contrôlée. Alors nous pouvons vivre le drame. C'est bien d'un drame qu'il s'agit. Vivre, revivre, découvrir, redécouvrir, entre passé et présent annoncés par un conditionnel qui s'efface devant la puissance réitérée et si présente de la nature, amplifiés par un futur quasi apocalyptique (Demain, au lever du soleil...) malgré lequel le présent ne peut qu'être (C'est bien la plaie...) et retravaillés avec les nuances finales de l'imparfait et du passé composé et du passé simple.

Mais il est « temps » de laisser la place à Michel Jobert, homme mûr retrouvant son enfance marocaine.

 

« Quand au printemps les blés sont verts, les arbres fruitiers en fleurs, l'air léger, le soleil vif, si j'étais encore là-bas, je regarderais vers le Sud, là où, vers Meknès, la ligne des montagnes se brise et où la route franchit un col. Je verrais dans le ciel clair naître des traînées grises et rouges, s'étendant à l'infini, comme une brume. Les chiens cessent d'aboyer et déjà dans le lointain on entend les paysans qui tapent sur des bidons. L'ombre passe devant le soleil. Un bruit immense, comme celui d'une eau imbibant le sol, s'empare du temps, de l'espace. Les vols tournoient en se laissant porter par le vent. Puis ils s'abattent. Toute la campagne s'emplit maintenant d'un grésillement multiple : les sauterelles sont partout. En quelques heures, les arbres sont devenus gris et rouges, les blés disparaissent. Ici et là, des feux naissent, aux fumées épaisses, pour protéger quelques carrés de légumes. Demain, au lever du soleil, la migration reprendra son vol vers le nord. D'autres lui succéderont, laissant la terre plus nue encore. C'est bien la plaie d'Égypte. C'est la misère. Dans les souks, on vend les sauterelles rôties ou en brochettes. Bientôt, du sol, surgira le cheminement innombrable des criquets qui viennent d'éclore et qui campent dans la campagne épuisée, en attendant que leurs ailes poussent. Alors ils mangent l'écorce des arbres. Les routes guident leurs errances voraces. Ils avancent partout, attendant le temps de l'envol.

Ils sont en grappe sur les pierres de Volubilis, la ville romaine, à un petit kilomètre de chez nous, installée sur un promontoire d'argile au-dessus de la vallée. Combien d'invasions de sauterelles, combien de tremblements de terre a-t-elle subis, avant l'ensevelissement ? L'arc de triomphe de Caracalla, les vestiges de la Basilique, les Thermes et les maisons patriciennes, le Decumanus, ne parlaient pas à mon esprit. J'étais trop à l'écoute de la vie pour que ces pierres solennelles aient pu m'émouvoir. Quand un grand frisson parcourait la terre et secouait les portes de la maison, alors je pensais, par rapport à ma propre vie, au tremblement de terre qui ensevelit Volubilis. »

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2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 19:04

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Lettropolis publie une nouvelle édition augmentée de Jeanningros saga. Sont rajoutées des informations sur l’opération des Dardannelles de 1915, dont, le moins qu’on puisse dire, est qu’elle ne brilla ni par sa préparation, ni par son exécution.
Pourquoi cette mise au point ? Pour préciser l’hommage rendu au grand-père maternel de Charles Jeanningros, le capitaine Claude Praly, tué dans les combats du 22 mai 1915 aux Dardanelles.

Vous y trouverez des notes d’époque qui donnent une évocation de cet épisode. Nous avons aussi rajouté une photo assez peu connue. Elle est extraite de la collection du peintre Laurent Tourrier, lui aussi familialement concerné par ce funeste débarquement. Il en  a d’ailleurs tiré quelques-uns de ses tableaux.

Avec cette deuxième version, et sauf découverte historique complémentaire, Jeanningros saga gagne en ampleur et remet en situation quatre générations d’une famille qui a bien mérité d’avoir son nom marqué dans le grand livre de l’histoire de France et d’Algérie.

Cette deuxième édition augmentée était une surprise, mais attendez un peu… Ce n’est pas la dernière.

L’Olni Jeanningros saga, 534 pages, 35 illustrations, est au prix inchangé de 7,85 €

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2 février 2014 7 02 /02 /février /2014 04:50

 

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Christophe BIOTTEAU et Lettropolis vous proposent
de partir vers l'autre monde.

Partir ! Comment ?

Simplement en lisant


LE MARTYRE DÉVOILÉ
DE LA BIENHEUREUSE JEANNE BILLACE

 

 

L'autre monde ! Oui, mais lequel ? Celui, diabolique, du prince des Ténèbres, ou celui, non moins ténébreux, du prince des psychopathes manipulateurs ?

Là est la question, aurait dit un certain prince du Danemark, lui aussi hanté de questions difficilement solubles dans l'esprit critique de la raison pure. Et la question est d'importance. Elle nous concerne tous, par le fait même que certains la nieront d'emblée. Est-ce bien raisonnable ? Est-ce suffisant ? Est-ce dangereux ?

Alors ? Ce Martyre dévoilé... roman noir d'un couple sado-masochiste porté à l'incandescence ? Ou roman incandescent d'une noire transcendance ? Diable de question !

Christophe BIOTTEAU, en quelques meurtres, nous mène vers une apothéose où chacun se reconnaîtra... peut-être... car, comme il l'écrit :  « L'art naît du doûte », et, par Le Martyre dévoilé de la bienheureuse Jeanne Billace, il maîtrise son art d'écrire et nous transporte vers notre au-delà.

Par ce roman vous pénétrerez les arcanes du plus grand pari du monde : celui qui intéressait un nommé Job, natif d'Us.

 

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    Le Martyre dévoilé de la bienheureuse
    Jeanne Billace

 

    Éditions numériques Lettropolis
    371 pages, 7,85 €

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  • Pierre-François GHISONI
  • la littérature en partage
L'homme avant les termites
L'idéal sans l'idéologie
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