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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 10:45

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Pour reprendre le fil de l’article précédent, je précise qu’il est possible de lire la bibliothèque numérique d’Amazon, sans acheter la tablette Kindle : il suffit pour cela de télécharger l’application ad hoc sur votre ordinateur. Cela ne demande que quelques manipulations assez simples.

Une fois cela accompli, le téléchargement du texte souhaité est lui aussi réalisé en quelques clics.

Je passe sur ces deux manipulations qui sont, mutatis mutandis, des manœuvres assez stéréotypées, sans difficulté particulière.

J’ai donc téléchargé Les Contes de Noël de Charles Dickens, et l’extrait gratuit du célèbre ouvrage de Gibbon, The Decline and Fall of the roman empire.

 

 

PRÉSENTATION GÉNÉRALE

Les textes sont présentés par un logiciel associant une fonction « bibliothèque » et une fonction « lecture ».

 

 

LA FONCTION BIBLIOTHÈQUE

Elle permet d’afficher les textes en les présentant par icônes ou par liste écrite. Ces deux couvertures ont été manifestement traitées en parentes pauvres, gratuites qu’elles sont. Et ce manque de « galanterie » s’accentue lorsqu’on ouvre le volume, car la couverture des contes devient alors un faire-part de deuil, tandis que celle du Gibbon a disparu.

 

Apprenons un mot américain à cette occasion : cela fait cheap. Espérons que je suis tombé sur de mauvais exemples.

 

Cela dit, la bibliothèque est assortie de fonctions de rangement, par titres, par auteurs, par degré d’ancienneté. On peut également séparer les éléments téléchargés des autres, et alimenter une archive.

 

D’autres fonctions sont disponibles dans le menu. Je ne les détaille pas ici, mais elles ont toutes leur utilité. On peut importer des collections, prendre des raccourcis pour revenir vers Amazon, soit pour gérer son Kindle, soit pour recommander ses lectures.

Cette fonction bibliothèque est un bon point du logiciel.


 

LA FONCTION DE LECTURE

Une fois le texte ouvert (clic sur la couverture) différentes fonctions sont possibles. Présentons-en quatre regroupements :

  

1/ Pour la présentation du texte : il est possible de modifier la taille des caractères, le nombre de mots par ligne, la présentation en une ou deux colonnes.

Cette option est une avancée technique qui amusera les manipulateurs de manettes. En réalité, elle tombe rapidement à plat, car l’expérience montre que chacun fixe ses repères de lecture et s’y tient. Surtout, elle déforme complètement la mise en page d’un texte qui – sans qu’on s’en rende compte consciemment – est une importante fonction de lecture, tant pour la fluidité visuelle (qui dépend de l’équilibre de la page, du choix des caractères, des espaces) que pour la compréhension (équilibre des blocs de texte). Tout le travail préalable de l’éditeur est donc mis à bas par ces outils « amusants » et vendeurs, qui ne servent qu’à tenter de « cadrer » avec des tablettes de lecture de taille réduite.

Les personnes à vue faible peuvent y trouver quelque avantage, mais dans une immédiateté qui majore tous les inconvénients cités ci-dessus.

 

2/ Les options d’ergonomie de l’écran offrent de modifier la luminosité et la couleur, blanc ou sépia éventuellement en caractères blanc sur fond noir (type affiche de déclaration de guerre).

Il faut y voir un outil pratique par son accessibilité. Mais ces réglages existent déjà sur votre ordinateur, même portable, et sur votre écran, et bien souvent avec d’autres variantes. Il suffit de savoir les trouver, ce qui – je l’accorde volontiers – est parfois délicat. Mais avec un peu d’expérience – essayez – vous en prendrez vite l’habitude.

Quoi qu’il en soit, je vois dans cette accessibilité un avantage de cette fonction présentée par l’outil d’Amazon.

 

3/ Les outils de travail associent fonction de recherche, notes et signets, soulignement, et les dictionnaires.

C’est à mon avis la partie la plus utile, dont l’ergonomie a été le mieux traitée. Un clic sur un mot ouvre la boîte de dialogue qui offre ces quatre fonctions en onglet. Une mention spéciale pour la fonction de recherche qui travaille très vite, et qui repère le point de départ. Bien entendu la synthèse de la recherche et des notes peut apparaître à volonté dans un tableau adjacent, pour relecture rapide.

 

Par contre, les dictionnaires, selon les principales langues européennes, tout en bénéficiant de la même ergonomie, ne pourront satisfaire au-delà d’un dépannage rapide. Je signale en outre des liens préparés vers Wikipédia, et vers Shelfari, une communauté littéraire, propulsée par Amazon, dont je ne connais rien.

 

4/ Le déplacement dans le texte peut se faire page à page, par un clic sur touche de clavier, par la fonction « atteindre », par recherche (déjà vue) ou par liens de tables des matières, quand ils existent, ce qui n’est pas le cas pour Les Contes de Noël.

Je note cependant qu’il n’existe pas de lien de retour. Petite explication technique, ces liens de retour permettent – comme le nom le suggère – de revenir au point de départ pour une recherche mieux construite, ou simplement pour éviter des manipulations complémentaires. Leur mise en place nécessite une intervention manuelle complémentaire de la part de l’éditeur, alors que les liens « aller » des titres sont introduits automatiquement par le logiciel. Nous touchons là un point fondamental, car il faut maintenant en venir à la lecture proprement dite, aux textes.

 

 

LES TEXTES

Ici, la faiblesse s’impose, car l’automatisme a pris le relais du correcteur humain.

 

La mise en page est mauvaise. Sauts de lignes variables d’un paragraphe à l’autre, faisant alterner des zones blanches et des condensations incongrues, décalages de page, rendant le texte des Contes boiteux.

Pour le Gibbon, c’est pire encore : les notes de bas de pages, et d’autres notes encore, se mêlent au texte dans un triste fouillis. Les titres de chapitres s’y perdent aussi.

Si l’on avait voulu dissuader le lecteur on n’aurait pas agi autrement.

 

Rajoutons la typographie défaillante (tirets de taille unique, voyelles oe, ae non liées, majuscules non accentuées, italiques manquantes etc.)

Il serait négligent de ma part, à partir de ces deux exemples, qui sont censés être des produits d’appel, de conseiller d’aller plus loin. C’est peut-être dommage, mais c’est ainsi.

 

 

EN CONCLUSION

Malgré d’indéniables avancées ergonomiques, qui, à mon avis, sont les plus notables pour les outils de travail, la lecture de textes numérisés ne sort pas grandie de cet essai. Je retiendrai en faveur du Kindle, la bonne mise en évidence des modulateurs de visibilité.

 

Regrettons-le, et finalement, ne nous en étonnons pas trop, compte tenu des réalités économiques qui se démasquent derrière la grande opération des tablettes de lecture.

Remarquons aussi qu’Adobe Digital Editon, le logiciel de bibliothèque et de lecture recommandé par Lettropolis fait aussi bien que celui mis en place par Amazon.

 

Quelques liens fournis par le Kindle seront bienvenus pour les uns, trop insistants pour les autres. Personnellement, je préfère avoir établi au préalable ma liste de liens, spécifiquement pour les dictionnaires.

 

Quant à la taille variable des caractères, elle ne fait que casser la nécessaire mise en page que la librairie classique a instaurée et à laquelle Lettropolis se tient. Je n’ose même pas imaginer ce que cela donnerait pour de la poésie !

En cas de besoin pour les personnes à vue déficiente, Lettropolis  préfère élaborer une version spéciale « grands caractères » à la demande, avec mise en page retravaillée.

 

La lecture, notre passion, ne méritait pas cela.

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Published by Pierre-François GHISONI - dans DU BLOG AU SITE
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