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6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 12:04

 

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Lettropolis en publiant Retour sur le colonialisme de Philippe Basabose affirme son engagement profond de liberté et propose un enrichissement personnel pour tous les lecteurs avides de lire et d'entendre des explications de belle volée sur des textes fondateurs des luttes qui ont mené à la décolonisation.

 

La qualité du texte et l'importance de son sujet sont deux préliminaires auxquels s'ajoute le point de vue de l'auteur. Point de vue au sens premier du terme, à savoir ce que l'on voit depuis l'endroit où l'on se place, avec l'éventuelle lunette dont on est muni, ici celle du professeur de littérature au département de langue française à l'université MUN (Memorial University of Newfoudland) de Terre-Neuve et déjà auteur de nombreux articles sur le sujet ou apparentés.

Retour sur le colonialisme – que nous citerons ici par RSLC – bien que classé dans notre collection Histoire, n'est pas un texte d'historien, mais une approche de l'histoire par les textes de littérateurs divers. Outre l'importante bibliographie au service de l'oeuvre, sont plus spécifiquement étudiés des surréalistes, Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor, Jean-Paul Sartre, Albert Memmi, Michel Leiris, Claude Lévy-Strauss, Mongo Beti, enrichis d'un corpus de citations annexes.

Ainsi pourrait-on discuter de la classification de RSLC dans la série Histoire pour lui préférer une classification en Histoire de la littérature. Ce serait à mon avis inadéquat, compte tenu de l'importante historique du thème, et plus encore parce que tous ces textes furent, sont, des armes employées par leurs auteurs pour pourfendre l'idée de colonialisme et toute personne tirant bénéfice de près ou de loin de cette entreprise.

RSLC s'articule autour de trois périodes 1931-1934, 1945-1948, 1952-1956 : tout un chemin repéré par l'Exposition Coloniale de 1931, mais aussi, de façon sous-jacente, par les convulsions du XXe siècle qui n'en fut pas avare et qui bouillonne de tous les feux de la géostratégie dont les textes cités par l'auteur ne nous offrent qu'une partie : l'imprécation contre l'impérialisme capitaliste et, bien souvent, les recours à une Révolution revendiquée et au parrainage du grand État communiste de l'époque.

N'allons pas plus loin. RSLC mérite mieux et plus, et d'abord d'être lu, relu, et médité. Certes, ce texte n'est ni neutre ni tiède, et à ce titre, il en irritera plus d'un. Mais il dépasse, et de loin, le niveau des imprécations et des slogans par lesquels les foules se muent en la plus terrible des bêtes inhumaines. Il parle de justice et de liberté. Faudrait-il donc que ceux qui ont choisi d'autres voies l'interdisent ?

Nous connaissons trop bien les comportements des « libérateurs » qui refusent toute liberté aux ennemis de « la » liberté (la leur, bien entendu) pour ne pas tomber à leur niveau. Et si certains thèmes méritent discussion, ou contradiction, ou opposition, que les esprits se lèvent plutôt que de se déliter et de laisser les corps s'affronter.


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