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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 11:52

 

Ouvrons une parenthèse dans la série d'articles qui doivent suivre. Elle s'impose, autant par l'actualité que par le sens des dits articles. Elle est également nécessaire car elle répond à certains commentaires que des lecteurs prompts du clavier ont bien voulu porter à l'attention générale, avec pertinence et courtoisie.

 

La manifestation des partisans du mariage pour homosexuels est un échec numérique énorme. Cet échec est un argument de plus pour que le président refuse un référendum. S'il attendait une preuve de son influence en ce domaine, il doit l'avoir « en travers du gosier. »

 

Échec, malgré tous les appuis directs ou indirects (dont les billets de train à 5 € pour « visiter le marais ! »), et les gonflages de chiffres politico-policiers. En effet, à 16 h 30, soit à peine deux heures et demie après le début de la manifestation, le boulevard Arago (premier cortège) était déjà nettoyé par les équipes municipales, et la circulation des voitures reprenait. Sur la place Denfert-Rochereau, il y avait certes du monde pour suivre le deuxième cortège vers le boulevard Saint-Michel, mais rien au-delà, sur l'avenue Général-Leclerc. Cela après avoir mobilisé, la CGT, le PC, le PS, les mouvements de jeunes afférents, et après avoir séparé les intervenants par des espaces d'une centaine de mètres.

Les « grands médias » du jour ne savent plus quelles formules inventer et quelles autres nouvelles mettre en paravent pour masquer leur déconvenue.

 

Cependant, les opposants au mariage homosexuel étaient nombreux à souhaiter ce référendum, qui n'aura pas lieu... car leurs adversaires n'en veulent pas. C'est ici qu'ils aggravent la fracture nationale, qu'ils s'opposent, quoi qu'ils disent, à la véritable démocratie.

 

On conçoit aisément la demande, l'espoir d'un référendum, et les arguments « pour » ne manquent pas, dont le premier est l'appel légal, honnête, conforme à l'esprit national français de recours à l'autorité du président.

Cela sépare les opposants au mariage homosexuel de ses demandeurs... et montre les divergences profondes en ce qui concerne la conduite d'une politique nationale : d'un côté un pays « légaliste », de l'autre un brouillonnement révolutionnaire. Le président, choisissant son camp s'y enferre.

 

Toutefois, en l'état, un tel référendum, décidé (autorisé) par le président de la République aurait porté d'autres interrogations : le risque du résultat, de l'escamotage politicien, et de l'instabilité civile des perdants.

 

Le risque du résultat dépend bien sûr de la clarté de la question. On a déjà vu en ce domaine référendaire de quoi leurs instigateurs étaient capables. Imaginons – le plus vraisemblable – qu'il soit gagné par les opposants au mariage des homosexuels.

Alors commence le risque d'enfumage politicien. Les gagnants seront-ils spoliés de leur victoire comme le furent les opposants au traité sur la constitution européenne de mai 2005? Le risque est grand. En imaginant qu'ils le perdent (peu probable en l'état), pas besoin de faire un dessin... Ce serait un film à long et grand spectacle.

De toute façon, inutile d'espérer des meneurs de ce mouvement minoritaire pour le mariage homosexuel une acceptation démocratique d'un résultat. Leurs pancartes, leurs slogans, leurs déclarations, leurs réactions multiples témoignent de leurs motivations. Il ne faut jamais oublier les soubassements de lutte des classes, vite transformés en haine des autres. Autant qu'une longue démonstration, les acrobaties dialectiques de Mme Taubira, son interprétation hâtive et funambulesque de la Constitution pour éviter un référendum l'ont démasquée, s'il en était besoin.

 

Il faut lever le cache-misère de l'affaire : les intérêts sont ailleurs. Menacer la structure d'une nation à partir des revendications d'une minorité de la minorité, est un processus de guerre révolutionnaire.

 

Bien des homosexuels, conscients ou non de ce processus, n'y ont pas adhéré, soit qu'ils préfèrent une union libre, soit qu'ils utilisent les diverses possibilités légales (pacs, actes notariés, structures financières ad hoc). Sous peu les meneurs minoritaires les accuseront d'être des « homo-traîtres », des « fâchomos », et autres gracieusetés par lesquelles le stalino-communisme, rampant ou pas, a marqué son passage. Et pourquoi pas « homophobes », tant qu'ils y sont, puisque tous les opposants au dit mariage, selon eux, le seraient ? D'ailleurs, le BHL de service a déjà commencé.

Un argument de plus pour dire que leur manifestation est un échec d'envergure. Mais un argument de plus pour prévoir que le conflit continuera, armé de toutes les dérives de l'égalité à tout prix, c'est-à-dire de la négation de la liberté et de la fraternité, armé de la théorie du genre, armé des formules creuses du type « sens de l'histoire, progrès irréversible », armé des machines de guerre du grand mercantilisme international. Nous attendons les prochaines provocations – et surtout les manœuvres – de M. Pierre Bergé (avec le BHL sus-nommé), de Bénetton, et autres. Nous attendons aussi l'argument éclopé du « d'autres pays ont voté des lois équivalentes. »

 

Alors, pour une fois, il aurait été nécessaire que la France montre sa différence, qui est une de ses richesses, comme elle a su le faire dans le passé.

D'ailleurs, si la France avait depuis longtemps parlé fort et clair en ce domaine, elle y aurait gagné en visibilité politique, en image mondiale, et en stabilité politique intérieure. Ne pas le comprendre était déjà une faute. S'y enferrer traduit les vraies « valeurs » au pouvoir : celles de la lutte de classes recyclée en « diviser un pays pour y régner ». Quel que soit le temps, il y a une condamnation pour cela.

 

Alors, dépassons le cadre-prétexte de l'homosexualité pour éclairer les ténèbres des véritables « obscurantistes ». C'est ici que s'illuminent les vraies « Lumières » :

UN RIP ? Non, un RIC. Mieux, un RIRC.

 

Voilà où mènent les délires du politiquement correct, version renouvelée de la lutte des classes, facteur d'esclavage personnel et collectif, contre lequel il faut s'ériger sans cesse.

Voilà qui mérite mieux qu'un RIP (référendum d'initiative populaire, pour lequel les mêmes voudraient faire voter toute personne présente sur le sol)

Il faut mieux : un RIC : référendum à l'initiative des citoyens.

Et mieux encore : un RIRC : référendum d'initiative et de résistance des citoyens.

Un RIRC, instance pré-constitutionnelle offerte au peuple, dans les circonstances graves de fracture nationale dont nous voyons l'exemple.

Un RIRC dont la question – dans le cas présent – serait : acceptez-vous de détruire la structure sociale de la filiation, de refuser aux enfants le droit d'avoir un père et une mère, d'offrir la procréation à tout demandeur ?

Un RIRC facteur de cohésion nationale sauvegardée et de véritable démocratie.

 

M. Hollande, Mme Taubira et consorts ont pris le chemin de la fracture nationale. Il faudra qu'ils en soient écartés.

 

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Published by Pierre-François GHISONI - dans LES PLONGEES DE L'ABSURDE
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