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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 06:51

 

Le Cercle des citoyens français plaide pour un référendum d'initiative citoyenne (RIC), et c'est très bien. Je le soutiens pleinement.

Mais d'abord qu'est un référendum ? Le mot provient du latin avec des sens multiples d'où se dégagent les notions de « se référer à, rapporter à », etc. Cela tombe sous le sens. Plus important est de regarder la terminaison « -dum » : elle signifie, ce qui doit être, ce qui doit arriver. Intervient donc la notion de nécessité, d'obligation, de devoir (terrible mot en nos périodes de droit à...).

 

Que ceux qui pensent inutile un point de grammaire veuillent bien se référer (justement) à un certain référendum du 29 mai 2005 sur le traité de Constitution pour l'Europe, qui marqua clairement la volonté contraire des Français, et fut suivi d'un tour de passe-passe du président Sarlozy, qui y gagna certes son brevet de spécialiste en détournement, mais oblitéra nettement la confiance en sa personne. Pire encore, cette embrouille au plus haut niveau de l'État doit nous amener à être très prudents devant tout nouveau référendum, fût-il d'origine citoyenne, et encore plus d'origine présidentielle.

 

Cependant, il faut en tirer les leçons pour le futur. J'oublie actuellement ce que je viens d'écrire sur l'ancien président pour m'en tenir à quelques réflexions pratiques.

Aujourd'hui, la pétition signée par plus de 700 000 citoyens et rejetés par les valets du fameux conseil machin a bien montré la surdité du pouvoir en place face aux demandes motivées du peuple. En ce sens Sarkozy 1, Hollande 1, balle au peuple.

Il est d'ailleurs étonnant à première vue que l'actuel locataire élyséen ne fasse pas avancer par ses séides l'argument selon lequel il est possible en France d'avoir un référendum dont l'initiative ne serait pas sienne. Cela enlèverait-il de la force à notre combat ? Non, au contraire. Car nous saurions démontrer que les conditions en sont telles qu'il s'agit tout simplement d'un leurre, au mieux une usine à gaz technocratique, au pire, en vérité, un abus de pouvoir avec viol de l'esprit démocratique.

Actuellement le référendum d'initiative partagée introduit dans la constitution (toujours l'ex-président) n'est qu'une usine à gaz en sommeil et pour le sommeil. Bonne nuit les petits...

On comprend donc que tout dialogue sur ce point ne soit pas à l'ordre du jour. Mais nous devons nous y préparer, car il est impossible que la carte ne soit pas jetée un jour sur le tapis.

 

En fait, les choses avançant, nous serons d'abord confrontés à des projets de référendum d'initiative populaire. Et il faudra faire comprendre que le seul adjectif « populaire » au lieu de citoyen, ne serait qu'un cheval de Troie pour introduire un vote des étrangers à tous niveaux.

La définition de la question sera aussi importante, ainsi que celle de l'obligation (référen-dum !) de mise en pratique et d'interdiction absolue de détournement « sarkozien ».

De même qu'une loi peut être défaite par une autre loi, une action référendaire ne devrait pouvoir être défaite que par une autre action référendaire.

 

C'est dire si le Cercle des citoyens français doit affûter ses armes, et étendre son influence. Chacun des points précédents doit être documenté.

Car nous, peuple français n'avons pas droit à un RIC. Nous avons le devoir de le faire porter par la nation. Et, sans exagérer, au point où est le pays, c'est un devoir de sauvegarde.

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Published by Pierre-François GHISONI - dans LES PLONGEES DE L'ABSURDE
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Alain CAVAILLÉ 25/10/2013 20:57

L'immonde Degaulle avait bien compris à manier cet outil politique, pour lequel il peut faire figure d'exemple
Nous sommes POUR le referendum dans son principe, mais n'allons pas trop vite en besogne : Ce vote, s'il veut être efficace, doit être d'une très grande simplicité,
je dirai même manichéen.
Noir/Blanc, mort ou vivant...et surtout OUI/NON.
A réponse simple, question simple.
Mais cette question, si elle se veut simple, doit résulter d'un travail très peu simple d'analyse, mais surtout d'une synthèse stricte, pour ne pas dire "brutale", ceci de manière à induire la
réponse désirée, qui sera elle aussi très simple.
Il y a donc toute une étude à faire AVANT de penser referendum.
Étude politique, bien entendu, mais également étude stratégique qui doit englober des notions de réthorique, d'époque, de mode, de moment, le tout devant être ciblé avec une précision extrême.
Il convient donc que la demande des citoyens soit confiée à des professionnels de la pensé et de la parole politique, de la communication, voire de publicitaires, qui auront en charge d'aboutir le
plus naturellement possible à l'énoncé de la question.
Si je reviens sur Degaulle, piètre militaire s'il en fut mais politicien-né, c'est que le travail du personnage est fascinant quant aux moyens, tous les moyens, utilisés pour servir ses idées et
son ambition dévorante.
Or, le peuple est naïf ( "Les Français sont des veaux" ) Il est un citoyen-enfant, enflammé mais paresseux. Il pérore à longueur de temps mais ne prendra jamais la peine d'en apprendre assez pour
devenir le citoyen adulte et responsable que l'on attend...et ce n'est pas la "classe politique" qui s'en plaindra !
Pour générer un referendum, il faudra pourtant bien que les citoyens deviennent avant tout de vrais citoyens, conscients et exigeants...

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